nov. 01, 2016

Les infirmières militaires de la Première Guerre mondiale

En route pour Blighty/MCG 19920085-704/Collection d’archives George-Metcalf/Musée canadien de la guerreAidé par deux infirmières militaires, un soldat canadien blessé qui a participé à la bataille de la côte 70 en août 1917 s’apprête à monter à bord d’un train de la Croix-Rouge à un poste d’évacuation sanitaire. Il se rend à « Blighty », c’est-à-dire en Angleterre.

Au Musée canadien de la guerre à Ottawa et sur son site Web, l’exposition permanente sur la Première Guerre mondiale raconte l’histoire des infirmières qui ont servi dans le Corps médical de l’armée canadienne (CMAC). En voici quelques faits saillants.

Lorsque la guerre a éclaté, seuls cinq membres permanents du CMAC étaient des infirmières; à cela s’ajoutaient 80 autres femmes qui appartenaient au Service des infirmières de réserve.

Au total, 3 141 infirmières ont fait leur service entre 1914 et le début des années 1920, dont plus de 2 500 outre-mer. Formées avant la guerre, elles étaient issues de diverses régions du Canada et des États-Unis et venaient presque toutes d’hôpitaux, d’universités ou de professions médicales. Il n’y avait pas d’infirmiers. Toutes étaient célibataires et avaient entre 21 et 38 ans; la moyenne d’âge était de 24 ans. Toutes étaient volontaires, et il n’y a jamais eu pénurie de candidates. Par exemple, quand on a lancé un appel en janvier 1915 pour pourvoir 75 postes, 2 000 infirmières ont fait acte de candidature.

Jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les infirmières du CMAC étaient appelées en anglais nursing sisters (« sœurs infirmières »). On explique dans l’exposition que ce titre fait vraisemblablement référence à une époque où les ordres religieux fournissaient les soins aux malades et aux blessés, mais ces infirmières ne faisaient partie d’aucun ordre religieux.

On leur attribuait le rang de lieutenant pour leur conférer une certaine autorité sur leurs patients. Elles furent donc les premières femmes officiers du Commonwealth.

On les surnommait les merles bleus à cause de leur uniforme, qui consistait en une tunique bleue à double boutonnage et col ouvert et une longue jupe bleue, assorties d’un voile blanc ou d’un chapeau à large bord. Un tablier blanc protégeait leur uniforme. Comme tous les officiers canadiens, elles recevaient une allocation destinée à couvrir le prix de l’uniforme.

Hormis les services médicaux qu’il prodiguait aux troupes canadiennes et alliées, de même qu’aux prisonniers de guerre capturés au front, le CMAC avait installé des centres de soins et des hôpitaux derrière le front en France et en Belgique, mais aussi au Royaume-Uni, en Égypte et dans l’Est de la Méditerranée. Les infirmières affectées près du front étaient parmi les premières personnes à accueillir les blessés qui arrivaient par camion ou par train, à nettoyer leurs blessures et à les réconforter. Elles participaient aux interventions chirurgicales, soignaient les convalescents et pansaient et repansaient assidûment les plaies, veillant à ce qu’elles soient oxygénées pour juguler les infections anaérobiques qui pouvaient provoquer une mort douloureuse.

La guerre a coûté la vie à une cinquantaine d’infirmières militaires, victimes de maladies ou de tirs ennemis. À deux reprises en 1918, des infirmières militaires et d’autres membres du personnel médical ont été tués lorsque des avions allemands ont bombardé des hôpitaux canadiens en France. En juin de la même année, un sous-marin allemand a torpillé et coulé le HMHS Llandovery Castle, un navire-hôpital.

Les infirmières rentraient au pays avec des compétences médicales enrichies et de nouvelles techniques, qui conféraient à leur profession un sentiment accru de légitimité. Elles s’étaient en outre assuré l’affection de milliers de soldats, qui les appelaient « sœurs de miséricorde » ou « anges de miséricorde ».

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