Terminologie 101 : Spécificité des tests de dépistage

Novembre 2015   Commentaires

Spécificité : Calcul qui détermine la proportion de patients qui n’ont pas la maladie et qui sont correctement classés comme tels par le test de dépistage

Source : Webb, P., et Bain, C. Essential Epidemiology: An Introduction for Students and Health Professionals. (2e éd.), 2011, Cambridge (R.-U.), Cambridge University Press


Comme la sensibilité, la spécificité est une mesure importante que l’on utilise pour évaluer la performance d’un test de dépistage, par rapport à un test de référence. Elle désigne la capacité du test à identifier les gens qui n’ont pas la maladie en question. En déterminant la spécificité d’un test, on répond à la question suivante : quelle proportion des patients qui ne sont pas atteints de la maladie a reçu, à juste titre, un résultat négatif au test? Pour calculer la spécificité, on doit connaître le nombre de vrais négatifs (VN) et de faux positifs (FP) obtenus pour le test. Pour les patients qui ne sont pas atteints de la maladie, les résultats négatifs sont appelés VN et les résultats positifs au test sont appelés FP.

Pour illustrer la façon de calculer la spécificité, prenons le dépistage du cancer du côlon. Le test de la recherche de sang occulte dans les selles (RSOS) est une solution de rechange abordable à la colonoscopie (le test de référence), plus chère et plus effractive. Disons que nous faisons un test de dépistage du cancer du côlon chez 100 adultes au moyen de la RSOS; 75 personnes reçoivent un résultat négatif, et 25 un résultat positif. Ces 25 personnes font ensuite un autre test de dépistage, une colonoscopie cette fois, qui montre que 5 d’entre elles n’ont pas de cancer du côlon. Si on suppose que les 75 patients qui ont obtenu un résultat négatif n’ont réellement pas la maladie, le nombre de VN pour la RSOS est 75, et le nombre de FP est 5. On calcule la spécificité en divisant le nombre de VN par la somme des VN et des FP (VN/[VN+FP]). Dans notre exemple, la spécificité est d’environ 94 %, un résultat impressionnant pour un test aussi peu coûteux.

Plus le nombre de FP est petit, plus la spécificité du test est grande. La valeur minimum jugée acceptable pour la spécificité dépend de la nature du problème de santé en question et du but principal du dépistage. Si l’on considère la maladie comme potentiellement mortelle ou très contagieuse, on sera probablement prêt à tolérer un nombre plus important de FP, donc une spécificité plus faible, parce que l’on veut réduire au minimum le nombre de cas non détectés. Les gens qui obtiennent un résultat positif au test de dépistage peuvent toujours passer ensuite des tests plus rigoureux. Par contre, si le dépistage a pour but d’infirmer la présence de la maladie, le test doit avoir une spécificité élevée : on doit en effet être certain que ceux qui ont eu un résultat négatif au test n’ont pas la maladie. Un exemple de ce scénario serait l’utilisation d’une bandelette urinaire pour s’assurer que des patients hospitalisés n’ont pas d’infection urinaire.

La sensibilité (expliquée dans le numéro d’octobre 2015) et la spécificité sont souvent inversement proportionnelles : plus l’une augmente, plus l’autre diminue. Toutefois, un test de dépistage idéal aura à la fois une sensibilité et une spécificité élevées.


Sources d’information

  • Fitzpatrick, J. J., et Kazer, M. W. (Éd.). Encyclopedia of Nursing Research, 3e éd., 2011.
  • Maltby, J., Williams, G., McGarry, J., et Day, L. Research Methods for Nursing and Healthcare, 2010.
  • Supino, P. G., et Borer, J. S. (Éd.). Principles of Research Methodology: A Guide for Clinical Investigators, 2012.
Maher M. El-Masri, inf. aut., Ph.D.

Maher M. El-Masri, inf. aut., Ph.D., est professeur agrégé et chercheur à la faculté de sciences infirmières de l’Université de Windsor, en Ontario.

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