Votre opinion

novembre - decembre 2017   Commentaires

Sécurité et prévention de la violence

J’ai été formée pour les séances de verbalisation à la suite d’un incident critique et la prévention de la violence. J’apprécie donc beaucoup tous les efforts pour soutenir le personnel infirmier de première ligne.

Le fait que l’on enseigne la prévention de la violence aux infirmières et infirmiers est une très bonne nouvelle (Pratiques prometteuses, septembre/octobre). Mais assurer la sécurité dans notre pratique est plus compliqué que ça. En soins communautaires et en soins de courte durée, il m’est souvent arrivé d’être seule ou de me voir demander de travailler dans ce qu’on pourrait considérer comme des conditions potentiellement dangereuses et imprévisibles. J’ai été agressée plusieurs fois au travail. Je m’en suis remise, et j’ai fait le nécessaire pour retrouver la santé et l’équilibre après les incidents. Le plus souvent, il a fallu que j’insiste pour avoir un suivi et un traitement. Il m’est arrivé d’avoir une directrice qui se souciait assez de moi pour vérifier comment j’allais et me dire de prendre congé après un incident violent. Le plus souvent, toutefois, on m’a demandé de reprendre le travail après avoir été agressée, faute de personnel pour me remplacer.

C’est bien beau d’être idéaliste quand on parle de prévention de la violence, mais en réalité, il faut avoir suffisamment de personnel et une équipe de collègues de confiance qui ont l’expérience nécessaire pour gérer efficacement les clients violents. Les politiques et la formation sont utiles, mais ce dont on a besoin, c’est d’une direction qui nous soutient. Or selon mon expérience, c’est davantage l’exception que la règle.

– Brenda Rosenau, inf. aut., M.A.
Vancouver (C.-B.)


Savoir mesurer la pression artérielle

Plusieurs choses me gênent dans le court article recommandant d’utiliser un sphygmomanomètre automatique au lieu de prendre la pression manuellement (Perspectives, juillet/août). Si je suis d’accord avec la conclusion de l’auteur que les appareils automatiques donnent une mesure plus précise et sont utiles lorsqu’on surveille l’hypertension, il y a de nombreuses raisons cliniques pour lesquelles le personnel infirmier devrait savoir prendre la pression artérielle manuellement. Un appareil automatique, par exemple, ne détecte pas toujours un pouls paradoxal, une tachycardie supraventriculaire, des souffles au cœur et des dizaines d’autres pathologies que le personnel infirmier qualifié pourra parfois repérer en mesurant la pression artérielle au moyen d’une auscultation. Il y a aussi des cas où la surveillance de la pression artérielle devrait être faite uniquement à la main, lorsque les patients reçoivent de fortes doses d’anticoagulants ou de TPA dans le cadre d’un traitement après un AVC, par exemple. Mesurer à la main peut aussi être préférable avec les patients très jeunes ou très âgés.

Je crains qu’en dépendant trop des appareils automatiques, on ne crée un manque d’assurance et de compétence chez la relève pour des tâches cliniques aussi élémentaires que la mesure de la tension artérielle. On peut acquérir des connaissances cliniques précieuses en faisant ces mesures à la main, et tous les infirmières et infirmiers devraient savoir le faire. De plus, ils devraient régulièrement relier les deux : la mesure électronique et la mesure manuelle.

– Heather Mercer, inf. aut., B.Sc. 
Kelowna (C.-B.)

comments powered by Disqus