Brièvement

septembre - octobre 2017   Commentaires

Nouvelles percées concernant la maturation de la vision

On croyait jusqu’ici que le cortex visuel, centre de traitement de la vision dans le cerveau humain, arrivait à maturité et se stabilisait dans les premières années de vie, mais une neuroscientifique de l’Université McMaster et ses collègues ont découvert qu’il continue à se développer encore longtemps à l’âge adulte.

Dans le cadre d’une étude publiée par le Journal of Neuroscience, les chercheurs ont analysé les protéines qui gèrent l’activation des neurones dans le cortex visuel, grâce à des échantillons de tissu cérébral prélevés sur 30 cadavres humains (âgés de 20 jours à 80 ans). Le consensus scientifique et médical jusqu’alors situait l’âge de maturation du cortex visuel à environ cinq ou six ans, or cette nouvelle étude établit la fin du processus de maturation à près de 36 ans, plus ou moins 4,5 années.

Les traitements pour des affections telles que l’amblyopie (œil paresseux) reposaient sur l’idée que seuls les enfants pouvaient bénéficier de traitements correctifs, les cerveaux des jeunes adultes ayant dépassé l’âge d’en tirer des bienfaits. Les conclusions de cette étude laissent entendre qu’il faudrait réexaminer ce point de vue.


Pour la satisfaction au lit, gardez l’âme jeune!

Selon des chercheurs de l’Université de Waterloo, plus on ressent son âge véritable, moins on a de chances d’être satisfait de sa vie sexuelle. Leur étude, publiée dans le Journal of Sex Research, a examiné les perspectives sur le sexe et le vieillissement d’un groupe de 1 170 adultes de la mi‑quarantaine à la mi‑soixante‑dizaine. Les chercheurs ont puisé dans les données collectées par l’étude Midlife in the United States (L’âge mûr aux États-Unis), ou MIDUS, réalisée entre 1995 et 2005.

L’équipe a conclu que plus les gens ressentaient leur âge chronologique, plus leur libido et la qualité de leur vie sexuelle faisaient défaut. « On doit tenir compte de tous les facteurs psychosociaux et biologiques pouvant influencer la sexualité d’une personne », souligne Amy Estill, qui a mené la recherche pendant sa maîtrise à l’Université de Waterloo. « Bien qu’il n’y ait aucun lien concluant entre le sentiment de jeunesse et la quantité d’activité sexuelle, les données indiquent nettement que le fait de se sentir vieux nuit à la qualité de la vie sexuelle. »


Les oignons ne se valent pas tous 

La prochaine fois que vous vous promènerez dans le rayon légumes de votre supermarché, optez pour les oignons rouges, si vous tenez à lutter contre le cancer. Les oignons Ruby Ring contiennent l’une des plus hautes concentrations de quercétine, un flavonoïde auquel on attribue des propriétés anticancéreuses. Une étude réalisée à l’Université de Guelph a constaté que ces oignons rouges contiennent également de grandes quantités d’anthocyanine, qui améliore les capacités de piégeage des molécules de quercétine.

Cette étude, publiée par Food Research International, consistait à placer des cellules de cancer du côlon en contact direct avec de la quercétine puisée à même cinq variétés d’oignon cultivées en Ontario; les oignons Ruby Ring se sont montrés particulièrement efficaces dans l’élimination des cellules cancéreuses. Étant donné que l’anthocyanine joue un rôle prépondérant dans la coloration des fruits et légumes, on ne devrait pas s’étonner du fait que les oignons rouges affichent les meilleurs résultats de lutte contre le cancer, a avancé le chercheur principal. Bien que les consommateurs puissent déjà ajouter des oignons rouges à leurs salades et leurs hamburgers de façon préventive, les chercheurs prévoient qu’avant longtemps, l’extrait d’oignon rouge sera ajouté à certains aliments, comme les jus ou les produits de boulangerie, et vendu sous forme de capsule comme traitement naturel contre le cancer.


Se laver les mains de ses objectifs pour en atteindre de nouveaux

Les lingettes antiseptiques ne servent plus seulement à tuer les microbes : des chercheurs de l’Université de Toronto ont découvert que le fait de se laver les mains peut aider la transition dans la poursuite de but, en minimisant l’importance d’anciens buts pour accentuer celle de buts subséquents. Leurs conclusions ont paru dans le Journal of Experimental Psychology: General.

Les chercheurs ont commencé par attirer l’attention des participants vers des buts particuliers grâce à des jeux de mots ou un court sondage, un processus nommé amorçage. Les participants à qui l’on demandait de se laver les mains à l’aide d’une lingette antiseptique étaient moins susceptibles que ceux qui ne s’étaient pas lavé les mains de penser à un but amorcé auparavant, de faire des choix comportementaux associés à celui-ci et de le considérer comme important. En outre, il était plus facile de réorienter l’attention des participants qui s’étaient lavé les mains vers un but amorcé par la suite.

Il est peut-être un peu tôt pour suggérer que les gens désireux d’atteindre leurs buts modifient considérablement leurs habitudes d’hygiène corporelle. Cependant, les résultats de cette étude indiquent que si l’on veut se mettre en tête d’abandonner d’anciens projets infructueux pour se lancer vers d’autres, plus prometteurs, il pourrait être utile de s’en laver les mains avec une lingette antiseptique.


La guérison personnalisée à la cellule près

Un traitement expérimental sur des souris a permis de reprogrammer des cellules sanguines afin de favoriser le processus de guérison des plaies cutanées. Cette nouvelle technique pourrait servir à guérir des plaies tenaces chez les personnes atteintes de diabète ou gravement brûlées.

« Nous avons découvert une façon de modifier des globules blancs spécifiques, les macrophages, et de les rendre capables d’accélérer la guérison cutanée », explique le néphrologue Jean-François Cailhier, chercheur au CRCHUM et professeur à l’Université de Montréal.

Nous savons depuis longtemps que les macrophages sont fondamentaux pour le processus normal de guérison des plaies. Ces globules blancs ont pour spécialité les processus majeurs de nettoyage cellulaire, et ils sont essentiels à la réparation des tissus. Ils accélèrent la guérison en équilibrant les réactions inflammatoires et anti-inflammatoires.

Le transfert adoptif de cellules consiste à traiter les patients avec leurs propres cellules en prélevant ces dernières, puis en les traitant et en les réinjectant. Bien que cette stratégie immunothérapeutique serve habituellement à traiter divers types de cancer, c’est la première fois qu’elle prouve son utilité en reprogrammation des cellules dans le but de faciliter la guérison cutanée.

Il reste désormais à tester ce traitement personnalisé sur des cellules humaines. L’équipe de chercheurs a publié ses conclusions dans le Journal of Investigative Dermatology.
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