Candidats à la direction du NPD : leurs points de vue sur les soins de santé

septembre - octobre 2017   Commentaires

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Canada élira un nouveau chef en octobre, pour remplacer Thomas Mulcair. Celui-ci avait en effet annoncé son départ après avoir perdu lors d’un important vote du parti sur sa direction en avril 2016.

Mi-août, quatre candidats étaient en lice. Infirmière canadienne les a invités à donner leurs points de vue sur les soins de santé et à décrire les politiques qu’ils adopteraient à cet égard s’ils gagnaient la course, puis devenaient premier ou première ministre. (Un article similaire sur la course à la direction du Parti conservateur est paru dans le numéro de mars/avril.) Les quatre candidats néo-démocrates ont répondu à l’invitation.

Charlie Angus

« L’un des principaux problèmes au pays est le manque d’accès à des soins de santé convenables pour les communautés autochtones, surtout chez les jeunes, estime Charlie Angus, député. Même après l’adoption du principe de Jordan, les gouvernements fédéral et provinciaux se perdent encore trop souvent dans des considérations sur qui payera les soins d’un jeune Autochtone au lieu de lui fournir ces soins. Et c’est sans parler du manque de soutien pour les services de santé mentale et la prévention du suicide. Je travaillerai avec les communautés autochtones pour m’assurer qu’elles aient accès aux mêmes soins que le reste de la population canadienne. »

M. Angus affirme qu’il travaillera également avec les provinces et les territoires pour conclure un meilleur accord sur la santé. « Le système de santé traverse une période de bouleversements, avec le vieillissement de la population. Nous devons veiller à ce que notre système dispose des ressources nécessaires et éviter de nouvelles restrictions budgétaires, celles-ci signifiant généralement des réductions du personnel, entre autres du personnel infirmier. »

Une autre priorité pour M. Angus est de travailler à instituer un régime public d’assurance dentaire. « L’un de mes objectifs sera de moderniser notre système de santé en travaillant avec les provinces pour enfin offrir un régime universel d’assurance‑médicaments reposant sur les quatre piliers suivants : un accès universel aux médicaments approuvés, la répartition équitable des coûts, un processus d’ordonnances sûr et approprié et un engagement à optimiser les ressources, conformément au rapport Pharmacare 2020. »

Niki Ashton

Pour la députée Niki Ashton, le plan serait d’apporter trois éléments qui manquent aux services de santé publique. « Ma stratégie pour une assurance-maladie universelle serait centrée sur l’amélioration du système de santé publique du Canada en mettant l’accent sur les soins préventifs et la réduction des coûts pour les patients. Les soins préventifs doivent inclure l’accès aux soins dentaires, des services complets de santé mentale et une assurance-médicaments. »

Mme Ashton affirme qu’elle travaillerait avec les provinces pour que tous les Canadiens aient accès à un régime public d’assurance dentaire.

Son plan, dit-elle, « créera un système de soins de santé mentale véritablement national, car à ce chapitre, nous collaborerons avec les provinces pour améliorer le système, nous nous attaquerons aux déterminants sociaux et nous veillerons à une transition harmonieuse dans les services que reçoivent les jeunes lorsqu’ils deviennent adultes. »

Elle créerait aussi, dit-elle, une loi sur l’assurance-médicaments nationale, établirait un fonds pour les médicaments essentiels, créerait une agence canadienne des médicaments et fixerait des limites de prix raisonnables pour les médicaments brevetés ou de marque déposée.

Guy Caron

« S’il était élu, un gouvernement Guy Caron protégerait notre système de soins de santé universel à payeur unique de la privatisation et des compressions budgétaires en renforçant la Loi canadienne sur la santé pour qu’elle ne perde rien de sa force pour les générations futures de Canadiens, affirme le député Guy Caron. Il sera essentiel pour le gouvernement fédéral d’appuyer les provinces et les territoires, et de travailler en partenariat avec eux, pour augmenter le niveau des transferts qu’ils reçoivent pendant qu’ils s’efforcent d’améliorer notre système de soins de santé public.

« Nous mènerons en outre une étude approfondie pour réfléchir à la modernisation du système de soins de santé et à son intégration avec les services sociaux pour que les Canadiens aient accès aux soins de qualité dont ils ont besoin, sans attendre. »

M. Caron affirme que l’une de ses priorités serait d’offrir des mesures d’incitation pour recruter et former plus de professionnels de la santé, dont du personnel médical et infirmier, et d’élargir la gamme de services offerts, y compris les soins à domicile, les soins palliatifs et l’assurance-médicaments.

« Enfin, nous investirons dans la construction de nouvelles cliniques pour rendre les soins primaires plus accessibles. Ces nouvelles cliniques correspondront aux besoins des communautés où elles se trouveront », avec par exemple des cliniques mobiles en régions rurales ou isolées, et des cliniques de santé communautaire dans les centres urbains.

Jagmeet Singh

Jagmeet Singh, député provincial de l’Ontario, dit vouloir renforcer et développer le système de soins de santé. « Pour y arriver, il faut assurer l’application de la Loi canadienne sur la santé pour protéger les soins de santé publique et garantir un meilleur accès aux soins en matière de reproduction et aux services d’avortement, en particulier dans les communautés rurales et isolées.

« Je collaborerai avec les provinces, les territoires et les groupes des Premières Nations, inuits et métis pour négocier des accords sur la santé qui apportent la stabilité nécessaire pour résoudre les problèmes actuels et futurs de manière efficace », affirme-t-il.

« Nous avons besoin de nouveaux investissements importants pour nous occuper de notre population vieillissante. J’affirme la nécessité de faire la transition vers les soins à domicile et d’améliorer l’accès aux soins de longue durée et aux soins palliatifs. Nous devons élargir les soins de santé universels pour inclure l’assurance-médicaments et les soins dentaires universels fournis par l’État. Et pour y arriver, nous avons besoin d’une stratégie de renforcement de la main-d’œuvre pour le secteur des soins de santé. 

 « Le Canada doit se pencher sur les déterminants sociaux de la santé, en commençant par s’attaquer à la pauvreté et aux inégalités pour améliorer le bien-être mental et physique des Canadiens, estime M. Singh. Mon programme anti-pauvreté prévoit des garanties de revenu pour les travailleurs, les personnes âgées et les Canadiens vivant avec une incapacité, et fixe des normes pour lutter contre la précarité d’emploi pour les travailleurs concernés. »

Les quatre candidats devaient participer à la deuxième assemblée publique virtuelle de l’AIIC sur les soins de santé, prévue pour le 6 septembre à 10 h HNE. Vous pourrez suivre l’assemblée en direct sur Facebook.

David Granovsky

David Granovsky, M.A., est gestionnaire des relations gouvernementales à l’AIIC.

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