Certification de l’AIIC : La néonatologie fête la naissance d’un examen

septembre - octobre 2017   Commentaires

En janvier 2018, pour la toute première fois, les infirmières et infirmiers en néonatologie pourront aspirer à la certification de l’AIIC dans leur spécialité. S’ils ont la formation et l’expérience pratique requises, ils seront en effet admissibles au nouvel examen de l’AIIC pour la certification en néonatologie, qui se tiendra en mai.

« Nous voulons que les nouveau-nés et leur famille reçoivent les meilleurs soins possible, et pour ce faire, il nous faut le meilleur personnel infirmier possible, affirme Doris Sawatzky‑Dickson, présidente de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en néonatologie (ACIIN). Je suis d’avis que ça passe par la certification. »

L’examen, très complet, découlera d’un processus rigoureux débuté en 2012, lorsque les membres de l’ACIIN ont fait de la certification une priorité absolue, selon Linda Boisvert, présidente sortante de l’ACIIN.

« Il existe depuis longtemps un programme de certification [en soins intensifs] pédiatrique et un programme de certification en périnatalogie. Mais on ne reconnaissait pas le fait que les soins infirmiers néonataux ont une base de connaissances spécifiques », explique-t-elle, ajoutant que les infirmières et infirmiers en néonatologie prennent spécifiquement soin des nouveau-nés malades ou prématurés et de leur famille. « Il était très important que ce domaine de pratique soit reconnu comme distinct. »  

L’ACIIN a dû prouver que les soins infirmiers néonataux correspondaient à la définition d’un domaine de spécialisation, avec des compétences et aptitudes propres, pour qu’ils soient admissibles à la certification. L’ACIIN a réuni des experts de tout le pays – cliniciens, chercheurs, gestionnaires, professeurs – pour élaborer des normes nationales de pratique, qui ont ensuite été validées auprès de son réseau d’infirmières en néonatalogie.

Par ailleurs, pour des raisons de validité et de faisabilité financière, l’AIIC exige que le nombre d’infirmières et d’infirmiers dans une spécialité proposée soit suffisant pour qu’au moins 100 candidats passent l’examen chaque année.

Une fois obtenu le feu vert de l’AIIC, les experts de l’ACIIN se sont réunis avec des psychométriciens de Stratégies en évaluation inc., une entreprise spécialisée dans les évaluations. En mai dernier, pendant quatre jours, les experts ont rédigé plus de 400 questions à choix multiples en s’appuyant sur les normes de pratique.

« Les questions portent sur chacune des compétences, regroupées dans trois domaines : connaissances, application et pensée critique, énumère Mme Sawatzky-Dickson. Chaque question comporte deux références, principalement dans des manuels de néonatologie. »

Un groupe d’experts de l’ACIIN se réunira à nouveau en septembre pour préparer l’examen à partir d’environ 165 des 400 questions. D’autres serviront à la création d’un examen de simulation, et le reste sera conservé pour des examens futurs, le cas échéant.

Après la première année, les résultats seront analysés pour cerner les questions ayant mené à un taux d’échec anormalement élevé, ce qui pourrait indiquer qu’elles n’étaient pas clairement formulées ou qu’elles prêtaient à confusion. Les questions problématiques seront éliminées. Au bout de trois ans, on réexaminera l’examen pour s’assurer qu’il demeure pertinent, et on en retranchera les questions qui ne reflètent plus la pratique. Dans la dernière phase du cycle de vie de l’examen, les experts examineront les compétences pour s’assurer qu’elles reflètent les données probantes les plus récentes à ce moment-là.

Pour appuyer les candidats à l’examen, l’ACIIN compile une base de données sur le matériel de préparation et prévoit offrir un atelier préparatoire de deux jours à l’occasion de son assemblée annuelle, en avril prochain.

Kate Jaimet

Kate Jaimet est journaliste indépendante à Ottawa.

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