Plaidoyer de l’AIIC à la rencontre estivale des premiers ministres

septembre - octobre 2017   Commentaires
David GranovskyLa présidente de l’AIIC, Barb Shellian, expose un argument lors d’un panel sur l’accès à l’avortement organisé par Action Canada pour la santé et les droits sexuels.

Pendant son passage à Edmonton pour la réunion estivale du Conseil de la fédération, l’AIIC en a profité pour participer à un panel d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels, organisé pour coïncider avec la rencontre du Conseil. Le 18 juillet, Barb Shellian, présidente de l’AIIC, a participé à une discussion sur l’accès à l’avortement au Canada et les implications politiques du Mifegymiso. Elle y a parlé des façons dont les obstacles à l’avortement médical pourraient être supprimés.

Sarah Hoffman, ministre de la Santé de l’Alberta, et Sandeep Prasad, directeur général d’Action Canada, comptaient aussi parmi les panélistes. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a présenté les remarques liminaires. Mme Shellian s’est exprimée sur la nécessité d’élargir l’accès à des services complets de santé de la reproduction, dont l’accès au Mifegymiso, du rôle des infirmières et infirmiers praticiens dans cet élargissement de l’accès aux soins et du plaidoyer de l’AIIC sur la scène fédérale.

Dans la majeure partie du Canada, seuls les médecins peuvent prescrire le Mifegymiso – une combinaison de médicaments, le mifepristone et le misoprostol – qui offre une option non chirurgicale pour les avortements précoces. Ce médicament est vendu au Canada depuis janvier, et le Nouveau-Brunswick, l’Alberta, le Manitoba, l’Ontario et le Québec en couvriront le coût. En Ontario et au Yukon, le personnel infirmier praticien sera autorisé à le prescrire; les autres provinces et territoires ont demandé à Santé Canada si leurs IP pourront le prescrire et, éventuellement, quand.

Les IP fournissent les soins primaires à de nombreux Canadiens, en particulier dans les communautés rurales et isolées, où accéder aux services d’un médecin prend longtemps. L’AIIC croit que ces personnes, ainsi que les populations autochtones, ont droit aux mêmes services que le reste des Canadiens.

« L’accès déficient au nouveau médicament abortif Mifegymiso à l’heure actuelle est un exemple de la façon dont la réglementation et la législation désuètes empêchent les Canadiens d’avoir accès aux services de qualité qu’ils méritent. Alors que les infirmières et infirmiers praticiens (IP) assument un rôle intégral dans la prescription de Mifegymiso, les premiers ministres de tout le Canada doivent veiller à ce que ces professionnels puissent pratiquer dans la pleine mesure de leurs fonctions, a souligé Mme Shellian dans une déclaration. L’AIIC exhorte par conséquent les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à éliminer ces obstacles et d’autres entravant l’accès [en temps opportun] à des soins de qualité. »

Après la réunion du Conseil de la fédération, du 17 au 19 juillet, les premiers ministres ont fait plusieurs déclarations, soulignant pour certains la nécessité de réagir à la décision du gouvernement fédéral de légaliser le cannabis non médical avec le projet de loi C‑45 (Loi concernant le cannabis), de lutter contre la crise des opioïdes, d’améliorer la couverture des médicaments et de s’attaquer aux difficultés associées à l’augmentation des coûts de la prestation des soins de santé.

Mme Shellian a déclaré que l’AIIC était « très [heureuse] de constater que la crise des opioïdes est toujours en tête de leurs priorités. Compte tenu de l’effet positif que les sites de consommation supervisée ont sur la sécurité des collectivités, le Canada peut en faire plus pour établir de nombreux autres services de ce genre. Par ailleurs, il est primordial que les gouvernements améliorent l’accès aux services sanitaires et sociaux, comme les traitements agonistes aux opioïdes, y compris la méthadone, le Suboxone et la diacétylmorphine (héroïne de prescription) pour les personnes prêtes à ce type d’interventions. »

Comme on s’attend à ce que le projet de loi C‑45 soit adopté d’ici juillet 2018, Mme Shellian en appelle aux gouvernements provinciaux et territoriaux pour qu’ils travaillent en collaboration avec le gouvernement fédéral pour adopter un modèle de santé publique pancanadien et investir dans des stratégies pour réduire les conséquences néfastes de la consommation de cannabis pour la santé, la société et l’économie.

Dans sa déclaration, Mme Shellian a également abordé d’autres questions auxquelles s’intéresse l’AIIC, comme l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain.

La réunion estivale de 2018 du Conseil de la fédération aura lieu du 18 au 20 juillet à St. Andrews (N.-B.).

David Granovsky

David Granovsky, M.A., est gestionnaire des relations gouvernementales à l’AIIC.

comments powered by Disqus