Gel en Alberta

Septembre 2009   Commentaires

Le ministre de la Santé, Ron Liepert, a annoncé que la pénurie d’infirmières en Alberta est passée de 1 400 à 30 en une seule journée. Loin d’être miraculeuse, cette chute dénote un gel de l’embauche et la disparition mystérieuse des postes vacants d’infirmière. 

La pénurie d’infirmières n’est pas terminée en Alberta, et nous avons plus désespérément que jamais besoin d’en embaucher.

« Remplacer » les infirmières autorisées par des infirmières auxiliaires autorisées et des préposés aux soins, ce n’est pas la solution : c’est de la myopie budgétaire. Les études montrent que l’embauche d’infirmières autorisées peut entraîner des économies à long terme en réduisant la durée d’hospitalisation et le risque de résultats indésirables pour les patients.

Si l’on n’agit pas immédiatement, la situation s’aggravera probablement.

Des recruteurs d’autres provinces et de l’étranger s’activent ici, et nous risquons sérieusement de perdre d’autres infirmières.

Des infirmières chevronnées envisagent la retraite au cours des prochains mois au lieu de revivre des compressions comme celles des années 90. Le souvenir des dernières compressions, dont l’Alberta ne s’est jamais vraiment rétablie, est encore bien vivant.

Les infirmières sont au cœur même des soins de santé, et beaucoup d’entre nous craignent que l’expérience du ministre Liepert, soit une réduction dangereuse des effectifs infirmiers autorisés, ne soit mortelle pour le système de santé albertain.

– Catherine Christensen, inf., M.A.
Calgary (Alb.)

 


La lettre de Mme Christensen et la réponse (ci-dessous) de la présidente de l’AIIC, Kaaren Neufeld, ont paru dans des journaux albertains.

La lettre adressée à la rédaction reprend les préoccupations de beaucoup d’infirmières, qui ont fait part à l’Association des infirmières et infirmiers du Canada de leur détresse par rapport aux compressions imposées récemment par l’Alberta dans le secteur des soins infirmiers.

Nous comprenons la délicate situation économique du pays, mais des stratégies de ressources humaines de la santé comme les heures supplémentaires obligatoires, le remplacement de professionnels de la santé par des travailleurs moins qualifiés et l’alourdissement des charges de travail mettent en danger la vie des patients. La recherche a souvent démontré que ces moyens sont plus coûteux à long terme. La conjoncture économique rend donc opportuns les efforts visant la rentabilité par l’investissement dans des soins infirmiers adéquats et appropriés dispensés par des infirmières.

L’Association des infirmières et infirmiers du Canada appuie les infirmières de l’Alberta et d’autres régions du pays, qui remettent en question cette soudaine volte-face. Comme on prédit un automne mouvementé en ce qui concerne la grippe, les provinces ne doivent pas réduire leurs effectifs infirmiers : elles devraient plutôt les augmenter. Nous exhortons donc le gouvernement de l’Alberta à repenser sa stratégie et à accorder la priorité à la sécurité des patients dans ses décisions sur les ressources humaines du secteur de la santé.

Mme Neufeld a aussi écrit directement au ministre de la Santé et au premier ministre de l’Alberta. Ces lettres et sa lettre ouverte aux infirmières se trouvent sur le site Web de l’AIIC.

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