L’infrastructure des soins de santé : un bon investissement

Septembre 2009   Commentaires

Les pays du monde entier essaient de se sortir de la crise en mettant en place divers programmes de stimulation. Le Canada n’est pas en reste : tous les paliers de gouvernement accusent des déficits budgétaires pour atténuer les effets de la récession et maintenir l’économie sur les rails.

Rachel Bard

Beaucoup d’économistes prévoient que la reprise sera lente. Il faudra du temps pour que les revenus publics reviennent à leur niveau antérieur. Lorsque les dépenses de stimulation prendront fin, les politiciens devront s’attaquer aux déficits, et la tentation de sabrer les budgets de la santé sera forte.

Une réflexion à long terme s’impose au sujet de toutes les dépenses de la santé, surtout puisque le système doit être assez solide pour répondre aux besoins croissants d’une population vieillissante. Les budgets de la santé ne devraient pas nécessairement échapper à un examen attentif : le public a droit à un système aussi efficient et rentable que possible.

Les budgets de stimulation ont été réservés en grande partie à l’infrastructure : projets d’aqueduc et d’égout, et réfection de routes, de ponts et d’édifices publics. Pourtant, les investissements à mon avis très nécessaires dans l’infrastructure de la santé ont reçu peu d’engagements financiers. En effet, l’augmentation des dépenses d’intégration de la technologie, plus précisément la mise en place de dossiers de santé électroniques dans tout le continuum des soins, et de la capacité des infirmières de diriger des recherches et d’en appliquer les résultats améliorerait les résultats, pour les patients et entraînerait des économies importantes à l’avenir.

Certains des meilleurs investissements que nous pouvons faire portent bien entendu sur les ressources humaines de la santé. La formation, le perfectionnement et le recrutement judicieux nous permettront de créer le bassin de talents qui assurera le bon fonctionnement à venir de notre système de santé. Les efforts déployés par l’AIIC pour prouver la valeur d’une saine gestion des ressources humaines de la santé portent leur fruit en milieu de travail. L’intégration des infirmières autorisées et praticiennes dans des contextes de soins primaires, par exemple, améliore le soin des patients et réduit les temps d’attente.

Investir dans l’infrastructure de la santé, c’est une question de bon sens. Ce qui stimulera l’économie maintenant produira en plus des retombées réelles pendant des années.

Rachel Bard, inf., M.Éd.

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