avr. 01, 2010

Les soins dans le système correctionnel

Daniel St. Louis Photographic ArtsCathy Kearley et Susan Steeves, inf. aut., travaillent à l’établissement à sécurité moyenne de Springhill (N.-É.)

Les infirmières jouent un rôle clé dans les soins aux détenus. Service correctionnel Canada (SCC) emploie plus de 700 infirmières, dont beaucoup dans un des 53 pénitenciers fédéraux. Il s’agit du groupe le plus nombreux de professionnels de la santé œuvrant dans le système correctionnel. Les infirmières offrent un vaste éventail de services répondant aux besoins des détenus depuis leur arrivée dans le système jusqu’à leur libération, en passant par les transferts à d’autres établissements.

Dans ce milieu, le travail est particulier. Les infirmières cherchent bien sûr à offrir les meilleurs soins possible aux contrevenants, mais il n’est pas simple de travailler en milieu sécurisé.

« Ça ne convient pas à tout le monde », déclare Susan Steeves, gestionnaire des services de santé à l’établissement à sécurité moyenne de Springhill (N.-É.). « Lorsque j’interviewe des infirmières, je leur dis qu’elles vont adorer et vouloir toujours y rester, ou bien s’enfuir après cinq minutes. »

Daniel St. Louis Photographic ArtsMme Steeves et Lori Embree, inf. aut., établissent un équilibre entre les soins et le besoin de sécurité.
 

UN TRAVAIL RISQUÉ
La population carcérale du Canada regroupe des gens de tous âges, des adolescents aux personnes âgées, et de tous les milieux ethniques, raciaux et socioéconomiques. Les détenus sont souvent marginalisés et possèdent peu ou pas d’instruction. Beaucoup ont des antécédents de toxicomanie ou des problèmes de santé mentale et peuvent vivre avec des maladies chroniques, comme le diabète, l’hypertension ou la tuberculose, aggravées par des années de négligence et l’absence de soins.

« À leur arrivée, les détenus ont beaucoup de problèmes de santé », affirme Karla McGraw, une des six infirmières à temps plein de l’établissement à sécurité maximale de l’Atlantique à Renous (N.-B.). « Beaucoup ont contracté l’hépatite C en s’injectant des drogues ou à cause de tatouages non sécuritaires. Certains sont porteurs du VIH. »

Mme McGraw voit jusqu’à 50 détenus par jour. « Il s’agit d’un hôpital en milieu carcéral, affirme-t-elle. Le médecin vient deux fois par semaine, et le dentiste une fois, le physiothérapeute une fois par mois, et l’optométriste aux six semaines. » Un aspect important du travail consiste à administrer de la méthadone aux détenus qui suivent un programme de traitement et à s’assurer que les analgésiques et autres médicaments d’ordonnance parviennent effectivement à ceux qui en ont besoin. Les détenus doivent prendre devant Mme McGraw les médicaments susceptibles de créer une forte dépendance. Elle leur fait ensuite prendre un verre d’eau, puis confirme par écrit qu’ils ont pris leur médicament. « Beaucoup de détenus recherchent des psychotropes, qu’ils peuvent utiliser à des fins clandestines », explique-t-elle. (La méthadone est administrée séparément. Un agent de correction surveille les détenus pendant 20 minutes pour prévenir tout détournement ou usage illicite du stupéfiant.)
Mme McGraw traite aussi les plaies des détenus qui s’automutilent. (Ils retirent les lames des rasoirs jetables pour se taillader.) « Il faut comprendre que nous ne traitons pas monsieur Tout-le-Monde ici, souligne-t-elle. Si nos détenus sont ici, c’est à cause de comportements risqués. »

Les détenus sont emprisonnés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. S’ils veulent faire quelque chose au risque de leur santé et de leur sécurité, ils ont amplement le temps de trouver la façon de s’y prendre. « Regardez autour de vous. Cette pièce contient tout ce qu’il faut pour se faire mal sans devoir demander de couteau à personne », affirme Mme Steeves.

Les drogues et autres produits de contrebande introduits dans les prisons compliquent la situation. Le SCC fait des efforts pour enrayer le trafic, mais cela n’aide peut-être pas tout le monde. La personnalité toxicomane de certains détenus les pousse à abuser en prison d’une substance dont ils n’abuseraient pas à l’extérieur.

Il est aussi courant pour les détenus de rendre dangereux un objet anodin. « Pour se tatouer, ils utiliseront au besoin le moteur d’un petit appareil », précise-t-elle. Le personnel infirmier doit aussi surveiller de près des articles médicaux, comme les seringues. « Nous découpons les sacs et tubes IV parce qu’ils peuvent servir à fabriquer de l’alcool maison. »

ASSURER SA SÉCURITÉ
En milieu sécurisé, on doit concilier des exigences contraires : fournir des soins et assurer sa sécurité. Les infirmières doivent rester vigilantes même en présence d’agents de correction : les incidents sont rares, mais tout peut arriver. La plupart portent à la taille un dispositif individuel d’alerte, mais elles doivent aussi surveiller les changements de comportement. « Si un contrevenant se met en colère ou devient bizarre durant une entrevue, j’y mets un terme. Si son comportement est inacceptable au guichet des médicaments, je lui demande de revenir lorsqu’il sera prêt à parler. On ne peut ni baisser la garde ni oublier où l’on est », affirme Mme Steeves. Certains détenus se mettent en colère, mais ils reviennent habituellement s’excuser le lendemain. « Quand on est ferme mais juste, quand on les traite avec respect, ils nous le rendent bien, 9 fois sur 10. »

L’équilibre entre le besoin de sécurité personnelle et le maintien de la confidentialité est aussi important. Mme McGraw raconte qu’elle ferme la porte, mais lève le store afin que le gardien puisse voir ce qui se passe sans rien entendre. C’est ce que fait l’infirmière spécialiste des maladies infectieuses si elle doit informer un détenu qu’il a le VIH, par exemple.

CONTRIBUER À CHANGER DES VIES
Les infirmières font plus que simplement traiter des problèmes de santé. Pendant qu’elles parlent avec les détenus et les écoutent, elles cherchent les façons dont ils pourraient améliorer leur santé. Au détenu qui a mal au dos, Mme Steeves parle de son bien-être général. « Je pourrais lui dire “si je vous aidais à perdre 20 livres, ça pourrait être bon pour votre dos et pour votre santé”, par exemple », ajoute-t-elle.

À Springhill, les infirmières planifient des programmes d’entraide conçus pour des groupes nombreux et encouragent les contrevenants à participer à des salons santé où des spécialistes de l’extérieur font du dépistage et fournissent de l’information sur l’hypertension et le diabète, par exemple.

On peut exiger qu’un détenu s’inscrive à un programme de traitement pour obtenir ou même demander une libération conditionnelle. Il doit prouver au système qu’il fait des efforts pour changer de vie. « Un changement d’attitude ou de comportement indique qu’il a compris et qu’il essaie de changer », déclare Mme McGraw.

À l’Établissement Nova pour femmes à Truro (N.-É.), beaucoup de détenues ont des problèmes de santé mentale et des antécédents d’automutilation ou de toxicomanie. Souvent, elles ont été victimes de violence sexuelle, physique ou émotionnelle. « Ce que la société a fait à ces femmes est inconcevable », déclare Elaine Tattrie. Quand il s’agit d’un crime non violent ou d’une première infraction, elles peuvent être libérées après six mois à peine. « Quand nous ne les avons pas pour longtemps, nous visons des objectifs à court terme qui peuvent améliorer leur vie. »

Mme Tattrie fournit des soins à des détenues en sécurité maximale et en unité d’isolement, séparées des autres détenues pour diverses raisons. Leurs mouvements sont limités, et elles passent une grande partie de leur temps dans leur cellule.

L’isolement est un moyen de dernier recours, affirme Mme Tattrie, et peu importe où les femmes sont hébergées, leurs besoins en soins de santé sont toujours satisfaits : « Si elles doivent consulter un médecin, un professionnel de la santé mentale ou une infirmière, elles le font. Nous ne refuserons jamais de soins médicaux à une détenue en isolement. »

À Nova, les infirmières dispensent des soins prénataux et traitent toutes sortes de problèmes de santé : des crampes aux vomissements causés par le traitement de l’hépatite C en passant par les symptômes de sevrage et les orteils blessés. En dépit de la sécurité accrue, les agents de correction n’ont pas à accompagner les détenues qui vont consulter une infirmière ou subir un examen médical. « C’est bien, parce que ça nous permet d’établir une relation thérapeutique ouverte, basée sur le respect mutuel », déclare Mme Tattrie.

Elle aime se garder du temps pour la promotion de la santé en rencontre individuelle (pour expliquer les résultats anormaux d’un test de Pap, par exemple) ou en groupe sur des questions pertinentes pour les femmes de l’unité. Lorsque certaines détenues atteintes d’une maladie mentale ont été victimes d’intimidation, Mme Tattrie a présenté une vidéo sur la stigmatisation causée par la maladie et sur son impact.

Leur poids et leur image corporelle préoccupent les détenues. « Elles veulent toutes être minces », déclare Mme Tattrie. Elle a lancé un programme de plusieurs mois sur l’alimentation, l’exercice, l’IMC et les choix santé. Les unités à sécurité maximale et d’isolement sont les seules de l’établissement où les détenues ne préparent pas leurs repas. Les autres vivent dans des unités d’habitation communes où elles cuisinent et mangent ensemble, comme un ménage. (Elles ont une liste de ce qu’elles peuvent acheter et de l’argent pour faire l’épicerie à l’intérieur de la zone carcérale.)

Apprendre aux femmes à faire de meilleurs choix santé est un moyen de les aider à retourner sur la bonne voie, surtout celles qui ont une famille. Mme Tattrie explique que les mères peuvent être autorisées à voir leurs enfants au cours de visites prévues. « Certaines détenues sont très fières de leurs petits-enfants et nous montrent des photos. »

TRAITER LES DÉTENUS HUMAINEMENT
Lorsque les infirmières des services correctionnels arrivent au travail, elles ne laissent pas leur compassion à la porte. Peu importe la raison pour laquelle un détenu est derrière les barreaux : c’est d’abord un être humain qui a droit aux soins dont il a besoin. « Je ne veux pas savoir pourquoi ils sont ici », déclare Mme Steeves. « Je dois leur dispenser les mêmes soins qu’à n’importe qui. Les infirmières ne sont pas ici pour juger les détenus. C’est au tribunal de le faire. »

Mme Tattrie est d’accord. « Nous ne sommes pas payées pour poser des hypothèses et décider qui reçoit quoi. Nous sommes ici pour fournir des soins de santé, et tous sont traités sur un pied d’égalité. »

Mme Steeves reconnaît que certains détenus ont commis des crimes horribles, mais elle en connaît d’autres qui se sont peut-être tout simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Un détenu emprisonné après une bataille qui a fait une victime dans un bar parlait souvent avec Mme Steeves des circonstances de son incarcération. Après sa libération, il a écrit à l’unité de soins infirmiers pour remercier les infirmières de l’avoir « traité humainement ». « Il s’était débrouillé seul depuis qu’il était tout jeune, sans parents. Personne n’avait jamais été gentil avec lui auparavant », raconte-t-elle.

Avec la permission du Service correctionnel CanadaPénitencier de Stony Mountain. Construit en 1876, l’établissement fédéral à sécurité moyenne à Winnipeg (Man.) peut accueillir 546 détenus.
 

UNE CARRIÈRE EN MILIEU CORRECTIONNEL
Travailler en milieu correctionnel n’a rien de routinier. Il y a 20 ans, Mme Steeves a répondu à une offre d’emploi comme infirmière des services correctionnels. Elle avait déjà travaillé à l’urgence, en orthopédie et en chirurgie, mais cherchait quelque chose de différent. Elle l’a trouvé : « On travaille avec différents spécialistes et on fait un peu de tout. On peut aider le médecin à poser un plâtre un jour et réanimer un patient le lendemain. C’est idéal pour qui veut apprendre. »

« On me demande ce que je fais en prison, déclare Mme Tattrie, si je distribue simplement des pilules aux détenus. On n’imagine pas à quel point ce type de soins infirmiers est holistique et fait appel à tout le savoir-faire infirmier. J’ai travaillé en chirurgie pendant 18 ans; je connais le domaine de fond en comble, mais ce type de soins est particulier. Depuis mon arrivée ici, j’ai fait du triage en traitement des plaies, offert des soins en santé mentale, distribué des médicaments et lutté contre les maladies infectieuses; je n’aurais peut-être jamais fait tout ça ailleurs. »

Les soins infirmiers en milieu correctionnel avaient mauvaise réputation autrefois. Certains y voyaient une solution de dernier recours. En fait, le milieu attire des infirmières très qualifiées, de milieux et de savoir-faire divers. « Comme la population carcérale est très diversifiée, nous recrutons des infirmières d’expérience diverse : soins intensifs, urgence et chirurgie », déclare Mme McGraw.

Les possibilités de croissance sont nombreuses. « En général, si l’on a une idée pouvant être bénéfique pour les contrevenants, on peut l’appliquer. » Par exemple, après avoir constaté une hausse des taux d’hépatite C et de VIH, elle a voulu lancer un programme de lutte contre les maladies infectieuses : sa gestionnaire lui a donné le feu vert. « Le besoin a pris rapidement de l’ampleur et on m’a offert d’agir comme spécialiste des maladies infectieuses. Dans un hôpital ou la communauté, cela aurait été plus compliqué. Derrière les barreaux, on donne habituellement suite à une bonne idée. »

SATISFACTION
Mme Tattrie a contribué, un jour, à planifier la libération d’une contrevenante incarcérée presque toute sa vie. Il a été difficile de convaincre la communauté de ne pas poser de jugement sur la quadragénaire, de lui donner une chance. Elle est maintenant en liberté depuis deux ans. « Elle n’avait jamais connu de succès dans la communauté. Je pense encore à elle, à tout ce qu’elle a appris et à son épanouissement. »

C’est une source de satisfaction. D’autres ont des exemples semblables. Pour Mme Steeves, ce sont les détenus qui en sont venus à lui faire confiance dans la lutte contre les maladies infectieuses. Ils venaient lui parler quand quelqu’un était en difficulté ou abusait de drogues. Les liens établis avec eux et ce niveau de confiance ont constitué « une énorme réalisation. Je me suis rendu compte que je faisais bien mon travail. On m’a offert des emplois dans la communauté ou dans des hôpitaux, mais je ne veux pas. Ce n’est pas une question de paye ou d’avantages sociaux : c’est le genre de travail qui me plait. »

Mme McGraw est du même avis. Elle a bien aimé travailler à l’urgence et a quitté son emploi avec tristesse. Mais lorsqu’un poste en milieu correctionnel s’est ouvert, elle n’a pas pu refuser. « Et je ne l’ai jamais regretté », affirme-t-elle.

Elle se rappelle avoir traité un détenu poignardé qu’il a fallu transporter par avion jusqu’à l’hôpital régional, où il a subi une intervention chirurgicale à cœur ouvert. Il s’est rétabli, et de retour en prison pour terminer sa peine, il est venu voir les infirmières pour leur dire « vous autres, vous êtes au boutte ».

Un rôle en santé publique
En 2003, Santé et Services correctionnels Manitoba se sont attaqués ensemble au taux élevé de maladies contagieuses et transmises sexuellement (MTS) en milieu carcéral. « Ça marche », déclare Jean Orton, infirmière de la santé publique. « J’ai vu des changements énormes depuis mon arrivée [en 2005]. Des récidivistes se font tester chaque fois qu’ils reviennent. » Le travail de Mme Orton consiste à donner, en personne, des conseils sur les MTS et les maladies contagieuses. Elle mène aussi des suivis auprès des détenus séropositifs ou atteints d’hépatite C, et les réfère au besoin.

La participation est strictement volontaire. Selon Mme Orton, les détenus demandent rendez-vous après avoir appris l’existence du service par le bouche-à-oreille. « En ce moment, l’attente est de deux semaines », affirme-t-elle. Entre les tests et l’information, les infirmières présentent des exposés sur les techniques de parentage positif et la nutrition, notamment.

Si les détenus veulent parler d’autres problèmes, s’ils sont anxieux ou inquiets, Mme Orton essaie de les aider en leur suggérant de consulter un travailleur en santé mentale ou un fournisseur de soins spirituels.
L’infirmière autorisée Marilyn Sloane, directrice des services de santé aux Services correctionnels du Manitoba, a participé au lancement du programme et constate que grâce à lui, les groupes à risque ont désormais accès à la santé publique tant en milieu carcéral que communautaire.

Peu à peu, les contrevenants encouragent leurs partenaires et les membres de leur famille à se faire tester, et, une fois libres, ils sont en lien avec la santé publique, ce qui n’était pas le cas auparavant.

INFIRMIÈRES EMPLOYÉES PAR SCC

62

Pourcentage fournissant des soins ambulatoires et de santé physique et mentale en milieu carcéral

32

Pourcentage fournissant des soins physiques et de santé mentale aux patients hospitalisés dans les 52 centres de traitement ou 4 hôpitaux régionaux gérés par SCC

 

 

POPULATION CARCÉRALE

22 000

Nombre approximatif de contrevenants relevant de SCC

13 280

Nombre de détenus

8 720

Nombre de contrevenants supervisés dans la communauté

2,4

Facteur d’augmentation du coût des soins de santé fournis aux contrevenants en raison d’un nombre croissant de problèmes : santé mentale, toxicomanie, VIH, hépatite C et maladies chroniques, y compris le diabète, les maladies et facteurs de risque cardiovasculaires et les troubles respiratoires

 

 

SANTÉ MENTALE

71

Pourcentage d’augmentation du nombre de contrevenants atteints de troubles mentaux à l’admission entre 1997 et 2005

100

Pourcentage d’augmentation du nombre de détenues au fédéral souffrant de problèmes de santé mentale à l’admission entre 1997 et 2005

90+

Pourcentage de contrevenants souffrant de plus d’un trouble de santé mentale

 

 

MALADIES INFECTIEUSES ET TOXICOMANIES

1,67 %

Prévalence estimée du VIH chez les détenus de SCC

0,2 %

Prévalence estimée du VIH dans la population générale

2,84 %

Prévalence estimée du VIH chez les contrevenantes

29,3 %

Prévalence estimée du virus de l’hépatite C (VHC) chez les détenus de SCC

0,8 %

Prévalence estimée du VHC dans la population générale

39,5 %

Prévalence estimée du VHC chez les contrevenantes

80 %

Pourcentage de problèmes de toxicomanie chez les détenus fédéraux

 

 

Source des faits rapides : Site Web du Service correctionnel du Canada

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