Changeons de cap

Avril 2012   Commentaires

Je lisais récemment un article intéressant d’André Picard dans le Globe and Mail, où il recommandait de s’intéresser de plus près aux habitués du système de santé. J’en suis venue à réfléchir sur les façons dont on pourrait améliorer les soins aux patients qui ont des besoins complexes sans recourir aux soins de courte durée, de façon à réduire les coûts. 

Judith Shamian

Les infirmières et infirmiers autorisés peuvent aider ces habitués à mieux s’y retrouver dans le système et à bénéficier au maximum de leurs traitements grâce à un suivi plus attentif. À titre d’exemple, les patients atteints de maladies chroniques multiples bénéficient immensément d’interventions d’infirmières communautaires et les IP leur apportent une aide précieuse en veillant à ce qu’ils prennent bien leurs médicaments et à ce que leurs problèmes de santé soient traités rapidement et dans un ordre logique. À certains endroits, le télémonitorage permet même le suivi des signes vitaux sur Internet.

Un autre moyen de limiter les coûts, paradoxalement, est de renforcer les soutiens sociaux et communautaires, comme les soins à domicile, le traitement des toxicomanies et les services de santé mentale. Une intervention intégrée, en équipe, peut être à la base d’un système-sentinelle qui aide à repérer les problèmes de santé émergents avant qu’ils ne mènent à une crise, ce qui permet des économies en aval.

Rendre plus accessible un plus grand éventail de services communautaires fera diminuer le nombre de visites aux urgences, et de réadmissions. En ayant des contacts plus fréquents et plus directs avec des fournisseurs de soins, les patients pourront recevoir le niveau de soins dont ils ont besoin en restant chez eux le plus longtemps possible, au lieu de traîner dans les hôpitaux.

Tant que nous nous accrocherons à un modèle dépassé, les patients dont les besoins sont complexes n’auront d’autre choix que de venir aux urgences. Mais en le modernisant, nous obtiendrons de meilleurs résultats tout en réalisant d’importantes économies et en assurant la viabilité à long terme du système de santé. Il est temps d’admettre que le système n’a pas intérêt à se créer une clientèle d’« habitués ». Alors changeons de cap.

 

Judith Shamian, inf. aut., Ph.D., LLD (hon), D.Sci. (hon), FAAN
president@cna-aiic.ca

 

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