L’infirmière qui soulage la douleur

Février 2014   Commentaires

L’infirmière clinicienne spécialisée Janice Rae a consacré sa carrière à améliorer la gestion de la douleur aiguë

Janice Rae anime un atelier avancé sur l’épidurale pour les infirmières et infirmiers des hôpitaux de Calgary.
Teckles Photography Inc.

Lorsque Janice Rae a reçu une offre d’emploi pour son poste de rêve au service de gestion de la douleur aiguë du Foothills Medical Centre, elle a dû faire preuve de retenue pour ne pas sauter et crier « oui » sur-le-champ. « Bien entendu, j’ai pensé que je devrais y réfléchir pendant un jour ou deux, mais j’ai tout de suite su que je voulais ce poste. »

Elle s’intéresse à la gestion de la douleur aiguë depuis 1993, lorsqu’elle a décroché un poste en médecine-chirurgie à l’hôpital universitaire de la University of Southern California à Los Angeles. Elle avait obtenu un baccalauréat en sciences infirmières de l’Université de Calgary l’année précédente. « La University of Southern California était un hôpital d’enseignement assez récent, et les gestionnaires étaient à la recherche d’infirmières et infirmiers curieux et capables de s’adapter », explique Mme Rae. « Je crois également qu’ils avaient un faible pour les Canadiens. »

L’établissement disposait d’une bonne équipe de gestion de la douleur et d’un programme de mentorat affilié. Mme Rae a appris rapidement. « On m’a demandé d’aider la coordonnatrice de la gestion de la douleur aiguë à animer des ateliers, puisqu’elle n’aimait pas parler en public. J’ai ensuite occupé son poste pendant quelques années après son départ. »

À cette époque, elle était déjà passionnée. « La gestion de la douleur me poussait à me dépasser intellectuellement et me tenait en alerte, sans compter que le soulagement de la douleur chez les patients procure une grande satisfaction personnelle. » Elle a également pris conscience du fait qu’elle aimait partager ses connaissances des pratiques exemplaires et voir les résultats de l’amélioration des soins aux patients.

Mise en place d’un service de gestion de la douleur aiguë à partir de zéro

Lorsqu’elle a su que le Rockyview General Hospital était à la recherche d’une personne pour mettre en place un service de gestion de la douleur aiguë, l’adepte de randonnée pédestre, vélo de montagne et ski alpin s’est réinstallée à Calgary, sa ville natale. « C’était une occasion en or. J’ai géré la logistique et élaboré les modules d’enseignement d’un programme complet de certification destiné aux infirmières et infirmiers. Ce fut un grand jour lorsque les épidurales de nos patients en post-chirurgie ont pu être surveillées non seulement au service des soins intensifs, mais également au bloc chirurgical, par des infirmières et infirmiers. »

Selon Mme Rae, certaines personnes étaient réticentes à faire les choses différemment au début. C’est alors que son entregent lui fut utile. « Il était vraiment question de bonnes relations publiques », explique-t-elle. « J’ai d’abord établi des relations avec les chirurgiens, pharmaciens, anesthésistes, gestionnaires et infirmières et infirmiers. Ensuite, à mesure que le personnel se familiarisait avec les techniques de gestion de la douleur, leur engagement à l’excellence quant aux résultats pour les patients de concert avec le niveau accru de confiance ont fait avancer les choses. »

Arts et science

Lorsque le service a été mis en place, Mme Rae a constaté que le rythme plus rapide de l’hôpital d’enseignement lui manquait. Un poste à Foothills, un des plus grands hôpitaux d’Alberta, lui a été offert au bon moment. Le service de gestion de la douleur aiguë de l’établissement est dirigé par un médecin et se compose d’infirmières et infirmiers ainsi que d’anesthésistes. L’équipe a évolué et Mme Rae a eu plusieurs occasions d’agir à titre de mentor auprès des membres de l’équipe ainsi que d’élaborer des programmes de formation. Par exemple, en 2012, elle a dirigé l’élaboration de politiques infirmières ainsi que la formation d’infirmières et infirmiers sur l’utilisation des espaces rachidiens et céphalo-rachidiens pour l’anesthésie épidurale et intrathécale chez les patients en soins palliatifs.

  « Je trouve que la gestion de la douleur est motivante et intéressante, car il s’agit d’un art autant que d’une science, particulièrement lorsqu’il y a des différences entre les patients », affirme Mme Rae.

Mme Rae est également passionnée par la danse. Danseuse de formation classique et jazz, à 17 ans, elle a été choisie pour danser lors du spectacle principal du Calgary Stampede. Après la naissance de ses deux enfants, elle a recommencé à danser et a fait l’expérience de la danse africaine, du jazz et de styles modernes. « Je prends des leçons avec d’autres mères et nous planifions présenter notre propre numéro lors du prochain récital du studio, côte à côte avec les jeunes », dit-elle avec enthousiasme. « J’adore bouger au rythme de la musique et avoir le sentiment d’être plus légère que l’air. »

Janice Rae est fermement engagée dans son domaine de pratique. Lors de la recherche qu’elle a effectuée dans le cadre de sa maîtrise, elle a étudié les différentes perceptions de l’intensité de la douleur post-chirurgicale. Elle offre des présentations lors de congrès partout au Canada, fait la critique de chapitres d’ouvrages et d’articles et elle est membre de la Société canadienne de la douleur ainsi que de ses groupes d’intérêt en soins infirmiers. Elle est particulièrement fière de son rôle de chef de file au sein de la Calgary Pain Education Foundation, un groupe de professionnels de la santé sans but lucratif. Elle affirme que tout cela contribue à faire connaître la gestion de la douleur.


10 questions à Janice Rae

Quel mot vous décrit le mieux?
Dynamique

Si vous pouviez changer une seule chose vous concernant qu’est-ce que ce serait?
Être en retard de dix minutes trop souvent

De tout ce que vous avez accompli, de quoi êtes-vous la plus fière?
Survivre à un divorce, acheter une maison, obtenir une maîtrise et devenir mère

Quelle est la chose que les gens seraient le plus surpris d’apprendre à votre sujet?
J’ai assisté à une dégustation de scotch sur la propriété de Hugh Hefner. Non, je ne l’ai pas rencontré

« Si j’avais plus de temps à ma disposition, je… »
Organiserais mes albums photo et j’apprendrais à parler français

Où avez-vous passé vos dernières vacances?
À San Francisco

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
Athènes

Quel est le dernier livre captivant que vous avez lu?
Lean In: Women, Work, and the Will to Lead de Sheryl Sandberg

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre travail actuel?
Être en mesure de réduire la douleur aiguë du patient en peu de temps

Si vous aviez le pouvoir de changer un aspect du système de santé, quel serait-il?
Je mettrais en place des services de gestion de la douleur dans les régions du Canada où ils ne sont pas offerts

Leah Geller

Leah Geller est rédactrice indépendante (santé et sciences) à Ottawa.

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