mai 03, 2014
Par Kate Jaimet

Franchement

Jake Mossop parle de relations et de pratiques sexuelles sans risque dans son travail et dans une émission de télévision de fin de soirée

Jake Mossop
Teckles Photography Inc.Lancer des conversations franches fait partie intégrante de la pratique de M. Mossop au Sherbourne Health Centre à Toronto.

Ce n’est peut-être pas un rôle traditionnel pour un infirmier, mais intervenir comme expert dans l’émission de MTV, 1 Girl 5 Gays, était une façon pour Jake Mossop de faire passer un message sur les pratiques sexuelles sans risque à un auditoire plus vaste que ne lui permettait son travail habituel.

L’infirmier de soins primaires de 28 ans a participé régulièrement à un panel d’homosexuels dans une émission télévisée de fin de soirée où l’on parlait librement de sexualité, souvent en détail et avec exubérance. « Quand on m’a invité à participer, j’ai été un peu réticent, mais j’ai compris que c’était une occasion de parler de sexualité saine et sûre, explique M. Mossop. Quand un des panélistes plus jeunes disait “J’ai eu un rapport anal hier soir et je n’ai même pas demandé son nom au gars”, je lui demandais “Avez-vous utilisé un condom?” »

Provoquer des discussions franches fait partie intégrante de la pratique de M. Mossop au Sherbourne Health Centre, à Toronto, qui dessert les nouveaux arrivants dans la ville, les personnes sans abri ou logées dans des conditions dangereuses ainsi que les membres de la communauté GLBT du centre-ville. « Je pense que c’est important de demander aux clients “Quelles sont vos pratiques sexuelles? Est-ce qu’il y a échange de fluides?” », affirme M. Mossop, qui fait partie de l’équipe de santé urbaine du centre depuis trois ans et demi. L’équipe compte trois infirmiers en soins primaires et une infirmière praticienne ainsi que des médecins, des travailleurs sociaux et des techniciens de laboratoire. Parmi les clients de M. Mossop, il y a des gens aux prises avec de graves problèmes de santé mentale ou qui ont eu des démêlés avec le système correctionnel.

C’est étudiant en troisième année de biologie et génétique à l’Université de Colombie-Britannique que Jake Mossop a commencé à s’intéresser aux soins infirmiers. Après avoir été assistant de recherche pendant un été, il a compris qu’il ne voulait pas passer sa vie professionnelle « en sarrau amidonné, à regarder dans un microscope ». Il a profité du programme d’équivalence de l’UBC qui lui a permis de finir un diplôme en sciences infirmières en deux ans. Dès qu’il a commencé à interagir avec des patients pendant les stages cliniques, il a su qu’il avait pris la bonne décision.

Après son diplôme, M. Mossop a travaillé dans un hôpital comme infirmier en médecine interne, d’abord à Vancouver puis à Toronto. Trois semaines dans une clinique rurale au Kenya lui ont ouvert les yeux sur l’impact que le personnel infirmier de soins primaires peut avoir dans une communauté, et au retour, il a trouvé son emploi à Sherbourne. « Les populations marginalisées et stigmatisées avec lesquelles nous travaillons sont parmi celles qui utilisent le plus le système et en bénéficient le plus, et avec la continuité de soins que nous offrons, nous voyons clairement les effets bénéfiques sur leur santé. C’est vraiment gratifiant d’aider des gens aussi vulnérables. »

Si le show business n’avait jamais tenté M. Mossop auparavant, maintenant qu’il y a été exposé, il a la piqûre. Il est maintenant interviewer et reporter à temps partiel pour OutLook TV, une émission d’actualité GLBT du réseau Shaw, et il voit les avantages de présenter la culture gaie dans des émissions pour l’ensemble de la population. « Des émissions comme 1 Girl 5 Gays et OutLook TV présentent des hommes gais et d’autres membres de la communauté GLBT qui ont des carrières et exercent des professions normales, et qui parlent avec candeur de leur orientation et de leur vie, fait-il valoir. Pour des gens qui se débattent avec l’idée de révéler leur orientation, entendre d’autres homosexuels dans des émissions comme celles-là peut les aider à se sentir connectés. Pour des élèves du secondaire, c’est une occasion de voir, pendant une demi-heure, à quoi pourrait ressembler leur vie plus tard, de voir qu’être gai n’est pas la fin du monde. »

Même s’il est très pris par ses études de maîtrise, Jake Mossop veut continuer à promouvoir la santé en participant à des émissions de télévision. « Je ne suis pas acteur et je n’ai pas d’impresario, souligne-t-il, mais j’aimerais beaucoup continuer dans le show biz, en l’abordant du point de vue d’un infirmier. »

Suivez Jake sur Twitter : @TheJakeMossop


10 questions à Jake Mossop

Quel mot vous décrit le mieux?
Déterminé

Si vous pouviez changer une seule chose vous concernant qu’est-ce que ce serait?
Je ralentirais.

Quelle est la chose que les gens seraient le plus surpris d’apprendre à votre sujet?
Je parle couramment français.

« Si j’avais plus de temps à ma disposition, je… »
Je ferais plus de bénévolat.

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
L’Amérique du Sud, surtout le Brésil et l’Argentine

Quel est votre plus grand regret?
N’avoir pas commencé des études infirmières aussitôt après le secondaire

Quel est le dernier livre captivant que vous avez lu?
Je suis au milieu de ma maîtrise : pas le temps de lire pour le plaisir.

Qui vous a donné envie de devenir infirmier?
Ma grand-mère. Je me suis occupée d’elle ses dernières années.

Quel est le meilleur conseil de carrière qu’on vous ait donné?
Prends toujours le temps de relire un courriel avant de l’envoyer.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre travail actuel?
L’autonomie. J’ai un bureau avec mon nom sur la porte.

Kate Jaimet est rédactrice indépendante à Ottawa (Ontario).
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