nov. 02, 2014
Par Michelle Freeman

Pour que le bon patient reçoive les bons soins

Q : Je débute dans mon premier emploi, et le rythme est plus rapide que prévu. J’ai peur de faire une erreur et de donner les mauvais médicaments au mauvais patient.

R : Les erreurs d’identification des patients causent de graves problèmes dans notre système de soins de santé. S’assurer que le bon patient reçoive les bons soins semble une précaution évidente pour éviter ces erreurs, mais j’ai découvert que le personnel infirmier, débutant ou chevronné, ne suit pas toujours cette pratique sûre et efficace. Des patients ont subi des conséquences désastreuses après l’administration de mauvais médicaments ou de traitements qui n’étaient pas pour eux. Ces événements indésirables sont causés en fin de compte par une mauvaise compréhension du processus d’identification du patient de la part des professionnels des soins de santé.

Considérons un scénario trop fréquent : une infirmière prépare une dose de 5 mg de Coumadin à administrer par voie orale à M. X, un patient dont elle s’est occupée toute la journée. Elle vérifie qu’elle a bien le bon médicament et le bon dosage. La fin de son quart approche, et elle est bousculée. Elle entre dans la chambre à deux lits sans le registre d’administration des médicaments (RAM). Elle demande au patient ses nom, prénom et date de naissance, et compare cette information avec celle qu’indique son bracelet, puis lui administre le médicament avant de sortir de la chambre pour signer le RAM. Quand elle découvre qu’elle a donné le Coumadin au mauvais patient, elle signale aussitôt son erreur et une enquête est lancée.

Comment et quand devez-vous identifier les patients? Procédez systématiquement en deux étapes. Premièrement, assurez-vous que la personne est bien celle à qui le service ou le traitement est destiné. Deuxièmement, vérifiez que le service ou le traitement est bien pour cette personne. Identifier le patient sur la seule base de la reconnaissance visuelle, parce que vous avez vérifié plus tôt dans la journée qui il était, ne garantit pas que le patient est bien celui à qui est destiné le traitement. Un exemple fréquent, illustré dans le scénario ci-dessus, est l’administration des médicaments par une infirmière qui n’apporte pas le RAM au chevet du patient. Sa logique est qu’elle s’est occupée de ce patient toute la journée et le connaît bien. Mais, en ne vérifiant pas que le traitement est bien pour lui (au moyen du RAM), elle a sauté la seconde étape, pourtant essentielle.

De plus en plus, en soins de santé, les politiques exigent l’utilisation de deux identifiants distincts pour les patients. Ce sont le plus souvent son nom complet et sa date de naissance ou le numéro de son dossier médical. Il faut vérifier que les identifiants sont bien ceux du patient, puis voir s’ils correspondent aux médicaments, produits sanguins, récipients pour les échantillons, demandes d’analyses et autres traitements et procédures. Un numéro de chambre n’est jamais un identifiant acceptable.

Lorsqu’ils sont en état de le faire, les patients devraient participer activement à la vérification des identifiants et être encouragés à s’identifier eux-mêmes. Demandez-leur « Votre nom et prénom, s’il vous plaît? Et votre date de naissance? », jamais « Êtes-vous M. X? ». Vérifiez que leur bracelet d’identification porte les bonnes informations, si c’est de là que proviennent les identifiants.

Il faut rappeler aux infirmières et aux infirmiers les risques associés à la mauvaise identification des patients et faire preuve de leadership en s’assurant qu’ils comprennent bien et suivent toujours la façon correcte de vérifier qu’il s’agit du bon patient et du bon soin.

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