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Juin 2015   Commentaires

Jennifer MacKinnon est en train de transformer sa santé et sa vie

Teckles Photography Inc.« Je me sens mieux, j’ai plus d’énergie et je tire plus de satisfactions de ma vie et de mon travail. »

Jennifer MacKinnon se souvient parfaitement de sa prise de conscience. « C’était il y a un peu plus de deux ans, raconte-t-elle. Mon fils avait huit ans. Son pédiatre nous a recommandé de surveiller son poids, sans attendre ».

Mme MacKinnon et son mari sont diabétiques insulinodépendants et leur fils était donc à risque. La famille ne faisait pas d’exercice et ne mangeait pas toujours bien.

« Les gens disent qu’en soins infirmiers, on est bien placé pour savoir qu’il faut bouger, mais comme beaucoup de gens, j’avais besoin de ce coup de pouce pour passer à l’action. Nous sommes tellement occupés à prendre soin des autres que notre santé à nous passe souvent après. »

Avec quelques collègues du Queen Elizabeth Hospital (QEH) à Charlottetown, Mme MacKinnon s’est inscrite au défi Walk a Lot du programme go!PEI, qui encourage les participants à noter leurs progrès et leur permet de s’inscrire gratuitement au marathon de l’Île-du-Prince-Édouard. Ses collègues et elles feront la course de 10 kilomètres dans le cadre du marathon, l’automne prochain.

« Ça m’a vraiment motivée et j’ai commencé à chercher d’autres marches à faire », lance-t-elle. Elle a été ravie de découvrir qu’Équipe diabète – l’organe de collecte de fonds de l’Association canadienne du diabète – organisait une marche de 16 kilomètres à Kauai, une île hawaïenne. « Participer ne se limite pas à collecter des fonds pour une cause importante, fait valoir Mme McKinnon. C’est aussi un grand pas en avant pour améliorer ma santé et donner le bon exemple à mon fils. Et puis, ajoute-t-elle, ça faisait longtemps que je rêvais d’aller à Hawaï. »

D’ici la marche, en septembre, chaque participant doit collecter 6 100 $ en passant par le site Web d’Équipe diabète. Mme McKinnon a déjà collecté presque 5 000 $ en organisant un tirage moitié-moitié et des tirages au sort au travail, un bingo communautaire et une vente-débarras chez elle.

Son mari s’entraîne avec elle et viendra l’encourager à Hawaï. Son endurance a progressé au point qu’elle fait maintenant 10 kilomètres de marche 3 fois par semaine, sur la piste de la Confédération ou sur la plage. Leur fils et leur chien les accompagnent souvent.

« Ce n’est pas gagné, admet Mme McKinnon. Je suis toujours en surpoids, mais je me sens en meilleure santé que l’automne dernier. Dans un meilleur état d’esprit aussi, ce qui transparaît dans mon travail. Mes relations avec mes patients, mes collègues et mes amis sont bien meilleures qu’avant. Et quand je parle aux patients de modifier leur style de vie, j’ai enfin le sentiment de mettre en pratique ce que je prêche. »

Dès l’âge de six ans, Mme McKinnon savait qu’elle voulait devenir infirmière. Elle avait été hospitalisée pendant des mois au Centre de soins IWK à Halifax pour une méningite séreuse, une maladie accompagnée de tous les symptômes d’une tumeur au cerveau sans qu’il y ait de tumeur. « Je me souviens que je suivais les infirmières et les aidais quand je pouvais. Tout ce que j’ai vu a vraiment suscité mon intérêt pour la profession. »

En 1996, après avoir terminé ses études en sciences infirmières en français à l’Université de Moncton, elle est revenue sur l’Île pour exercer. Les premières années, elle a occupé des postes occasionnels et temporaires dans de petits hôpitaux communautaires et dans un centre de soins de longue durée, suivant en parallèle des cours et des ateliers pour apprendre ce qu’il y avait à savoir sur les soins palliatifs, la démence, le traumatisme, les évaluations de santé et les nouvelles technologies. L’apprentissage continu est depuis devenu un mode de vie.

Mme McKinnon a fini par s’installer à Charlottetown, où elle a accepté un poste d’infirmière autorisée bilingue en chirurgie générale au QEH. Quand la transition à des dossiers informatisés a commencé, elle a trouvé un nouveau centre d’intérêt. Enseigner la technologie à ses collègues et fournir des soins constituait la combinaison idéale pour elle. En 2012, cependant, elle s’est sentie prête pour de nouveaux défis. En ne travaillant plus qu’à temps partiel, elle a pu commencer à faire des quarts ailleurs. En soins préopératoires, elle a trouvé de nouvelles occasions de transmettre des connaissances aux patients. Elle travaille à présent à temps complet en chirurgie ambulatoire (un service réunissant les soins préopératoires, les chirurgies de jour et les opérations aux yeux).

« Ce n’est que ces deux dernières années que je me suis vraiment investie dans ma vie, souligne Mme McKinnon. J’ai changé de travail et j’ai pris un poste qui nécessite une concentration différente sur les patients et sur leurs soins. Et je suis en train de complètement changer mon mode de vie. » Maintenant, au lieu de se détendre devant la télévision en fin de semaine, elle va souvent pêcher la truite ou jouer au hockey avec son fils. L’été dernier, elle a acheté une tente d’occasion et elle a campé pour la première fois. « Le plein air ne m’avait jamais attirée, mais j’ai découvert que le camping et le kayak étaient très amusants. » Elle fait aussi beaucoup plus attention au genre de repas qu’elle prépare. Dans la cuisine, elle passe plus de temps à couper et hacher, et moins à réchauffer des plats préparés.

« Je me sens mieux, j’ai plus d’énergie et je tire plus de satisfactions de ma vie et de mon travail. Je le fais pour notre fils et je le fais pour moi. »


10 questions à Jennifer MacKinnon

Quel mot vous décrit le mieux?
Entêtée

Si vous pouviez changer une seule chose vous concernant, qu’est-ce que ce serait?
Je me donnerais plus de cheveux autour du front.

De tout ce que vous avez accompli, de quoi êtes-vous la plus fière?
De l’évolution de mon fils jusqu’à maintenant. Quand il aura plus de 16 ans, je ne me responsable que de ses bonnes habitudes!

Quelle est la chose que les gens seraient le plus surpris d’apprendre à votre sujet?
J’ai un tatouage que je me suis fait faire quand j’étais à l’université.

« Si j’avais plus de temps à ma disposition, je... »
J’apprendrais à faire de la poterie.

Où avez-vous passé vos dernières vacances?
À New York

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
L’Irlande

Quel est le dernier livre captivant que vous avez lu?
La puissance de la pensée positive de Norman Vincent Peale

Quel est le meilleur conseil de carrière qu’on vous ait donné?
Si tu réduis au minimum les expressions de ton visage et que tu n’élèves pas la voix, tu éviteras toutes sortes d’ennuis.

Si vous aviez le pouvoir de changer un aspect du système de santé, quel serait-il?
Je pense qu’on devrait communiquer très tôt les faits sur les conséquences de la consommation de drogues aux enfants.

Leah Geller

Leah Geller est rédactrice indépendante (santé et sciences) à Ottawa.

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