mai 04, 2015
Par Sandra Baker, M.Sc.

Troubles de la parole, du langage, de la déglutition et de l’audition : ce qu’il faut savoir – 2e partie

Q : Comment communiquer plus efficacement avec des patients âgés malentendants?

A : Environ 10 % de la population est malentendante, mais ce pourcentage passe à plus de 50 % chez les 65 ans et plus.

Des cellules nerveuses endommagées expliquent la majorité des pertes auditives. Le son parvient à l’oreille, mais comme les cellules ciliées de la cochlée sont atteintes, elles ne transmettent pas l’information au cerveau comme il faut. Ces cellules ne peuvent pas se régénérer, mais des prothèses auditives peuvent en accroître l’efficacité. Cependant, puisque tous les mots ne sont pas parfaitement clairs, la personne malentendante doit essayer de deviner ce qu’elle n’entend pas, ce qui peut être particulièrement stressant dans le contexte des soins de santé. Une aide de suppléance à l’audition peut être utile pour celles qui n’ont pas de prothèse. Ces amplificateurs personnels, à peu près de la taille d’un jeu de cartes, sont relativement abordables et faciles à utiliser, avec des écouteurs.

Plusieurs stratégies peuvent améliorer la communication. Avant de commencer à parler avec le patient, assurez-vous d’avoir un contact visuel. S’il utilise des prothèses auditives, assurez-vous qu’il les ait installées et branchées. Par ailleurs, s’il porte des lunettes, demandez-lui de les mettre : il pourra ainsi mieux lire sur vos lèvres. S’il est clair que le patient n’a pas entendu ou compris ce que vous lui avez dit, ne répétez pas les mêmes mots. Seulement 30 % des sons d’une conversation peuvent être vus sur les lèvres; en reformulant votre propos, vous donnerez au patient plus d’indices et d’occasions de voir et d’entendre des sons différents. Si vous portez un masque, ôtez-le pour que vos lèvres soient bien visibles.

Si possible, réduisez les bruits ambiants et essayez d’avoir le visage éclairé. Évitez par exemple de vous placer à contre-jour, dos à une fenêtre, parce que cela compliquerait la lecture sur vos lèvres. Utilisez des jeux de physionomie et des gestes pour faire passer le message. Beaucoup de personnes malentendantes ne supportent pas les bruits forts, alors crier ne sert à rien! Parlez plutôt un peu plus fort et un peu plus lentement que d’habitude, mais pas trop, car cela exagère les jeux de physionomie et rend les lèvres plus difficiles à lire.

Bavarder un peu aide à établir le lien et réduit le sentiment d’isolement. Si, dans ce cadre, vous avez l’impression qu’un patient n’a pas entendu ce que vous lui disiez, essayez de reformuler plutôt que de dire « ce n’est pas grave » ou « laissez tomber », ce qui coupe la communication et isole votre interlocuteur. En outre, confirmez que le patient a entendu les renseignements importants en lui demandant de les répéter. Les gens sont parfois gênés quand ils ont mal entendu; ils sourient et hochent la tête comme s’ils avaient compris. Vérifiez bien que le message est passé.

Enfin, si la communication verbale ne marche pas, n’ayez pas peur de prendre un papier et un stylo. En présence d’un interprète, continuez à regarder votre patient et à vous adresser à lui.

Vos efforts et votre recours à ces stratégies élémentaires seront grandement appréciés

Sandra Baker, M.Sc., est audiologiste autorisée et audioprothésiste au Western Institute for the Deaf and Hard of Hearing, une organisation sans but lucratif de Vancouver.
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