mars 01, 2015
Par Leah Geller

Enfant du millénaire et passionné

Sa passion et ses objectifs motivent Braden Davie, infirmier dans la vingtaine, et placent l’engagement et la pratique professionnelle au cœur de sa carrière.

Teckles Photography Inc.« J’ai tant reçu de soutien et de mentorat de l’IWK, je voudrais donner beaucoup en retour. »

À Vanguard, petite communauté agricole de la Saskatchewan où Braden Davie a grandi, infirmières et infirmiers étaient considérés comme les leaders. « Les gens valorisaient leur avis, raconte-t-il, qu’ils l’écoutent aux réunions municipales ou aillent le demander au centre de santé du coin. » Devenir infirmier allait de soi pour M. Davie, un meneur né, même adolescent. « J’ai toujours aimé me lancer des défis, surtout en tant que leader officiel, explique-t-il. Et puis je suis un passionné : si je participe, c’est à fond! »

À 15 ans, M. Davie a été élu président d’un cercle 4-H, dont certains membres pouvaient avoir 18 ans. Il lui incombait entre autres de résoudre les conflits internes. « Je me souviens d’un problème entre les membres des groupes bovins et chevaux légers, raconte-t-il amusé. J’ai dû travailler avec les deux clans pour résoudre le différend et préserver l’unité du club. »

Pendant une dizaine d’années, il a fait partie de l’équipe de patinage artistique de la Saskatchewan, une expérience qui lui a appris, estime-t-il, à se fixer des objectifs, à travailler dur et à se recentrer quand les choses ne se passent pas comme il le veut.

Grâce à la réputation qu’il s’était forgée à la tête du cercle 4-H, M. Davie s’est vu proposer le poste de représentant des athlètes au conseil d’administration de Patinage Canada Saskatchewan. Puis, alors qu’il faisait ses études en sciences infirmières à l’Université de la Saskatchewan, à Saskatoon, il a été élu président de la société des étudiants en sciences infirmières du campus.

« J’ai commencé en soins infirmiers à 18 ans, et j’ai tout de suite adoré. Je crois profondément à ce que nous faisons et à notre modèle de soins holistique; je veux participer à l’évolution des soins infirmiers, évolution qui nous permettra de mieux répondre aux besoins des Canadiens en matière de soins de santé. Mon côté passionné me vient de mon grand-père, je crois. C’était un personnage; il avait construit lui-même notre ferme. Il m’a appris l’esprit communautaire et la fierté du travail bien fait. »

Aujourd’hui, à 26 ans, M. Davie vit à Halifax, où il est coordinateur de la pratique professionnelle en soins infirmiers au Centre de soins de santé IWK. Centre de soins pédiatriques tertiaires pour le Canada atlantique, l’IWK compte plus de 3 200 employés, dont 1 000 infirmières et infirmiers autorisés, praticiens et auxiliaires autorisés.

Dans ce poste, il contribue à l’élaboration des politiques cliniques, il résout des problèmes en matière de pratique professionnelle et, en collaboration avec l’infirmière en chef, il s’emploie à optimiser les champs de pratique. Il préside également le conseil de la pratique professionnelle en soins infirmiers et il continue d’exercer en soins cliniques à l’unité néonatale de soins intensifs. « J’aime beaucoup travailler avec les familles, qui savent être tenaces et courageuses dans l’adversité, et j’aime faire partie d’une équipe aussi attentive et efficace. »

Il compte faire des études supérieures en leadership en santé et en administration tout en continuant d’exercer. « J’ai tant reçu de soutien et de mentorat de l’IWK, je voudrais donner beaucoup en retour. »

M. Davie était en quête d’aventure quand il a choisi Halifax, en 2012. L’énergie de la ville et la proximité de l’océan étaient des plus, confie-t-il, et il se ménage du temps pour courir et patiner sur l’ovale des Commons. Il a recommencé à donner de son temps pour le sport comme spécialiste technique pour Patinage Canada Nouvelle-Écosse. On lui avait dit que la province était un endroit formidable pour la profession infirmière. « C’est vrai, affirme-t-il. Le College of Registered Nurses of Nova Scotia est réellement tourné vers l’avenir. Il fait beaucoup pour mobiliser le personnel infirmier, travail qui tombe à point. »

M. Davie est bien placé pour le savoir. Il a récemment dirigé le projet pilote sur la transition des nouveaux diplômés en sciences infirmières. Ce projet consistait à prendre les recherches de Sheri Price, professeure adjointe à l’Université Dalhousie, sur les façons de mobiliser les infirmiers et infirmières de la génération Y et de les retenir, puis à donner vie à ces recherches par la vidéo et les médias sociaux.

« Ses travaux font ressortir ce qui attire la génération Y dans la profession, ce qui marche dans nos systèmes de soutien pour les nouveaux diplômés et ce qu’ils veulent retirer de leur carrière, explique M. Davie. Il est crucial d’inclure ce groupe tout de suite dans les activités de leadership formel mais aussi informel. Il doit avoir voix au chapitre dans la pratique clinique, dans l’élaboration des politiques et aux réunions du conseil d’administration. »

« Jusqu’à maintenant, ce qui m’a aidé dans ma carrière personnelle, c’est de faire savoir aux gens que je voulais contribuer, ajoute-t-il. Prenez quelques risques, exprimez vos opinions et dites aux gens ce qui vous intéresse vraiment. N’attendez pas d’être invité. Mieux vaut ne pas être invisible. »


10 questions à Braden Davie

Si vous pouviez changer une seule chose vous concernant, qu’est-ce que ce serait?
Mon amour de tous les aliments sucrés ou salés

Quelle est la chose que les gens seraient le plus surpris d’apprendre à votre sujet?
Je sais conduire une moissonneuse-batteuse

« Si j’avais plus de temps à ma disposition, je… »
Je partirais pour l’Île-du-Prince-Édouard

Où avez-vous passé vos dernières vacances?
À Vancouver, pour un concert de Katy Perry!

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
L’Italie

Quel est votre plus grand regret?
Ne pas voyager davantage

Quel est le dernier livre captivant que vous avez lu?
Here’s What We’ll Say de Reichen Lehmkuhl

Qui vous a donné envie d’être infirmier?
L’amie de ma mère, Deb Hapke, qui était infirmière autorisée

Qu’est-ce qui vous plaît le moins dans le métier d’infirmier?
Qu’on relève que je suis un homme. J’explique patiemment que ce qui compte, c’est que je sois infirmier autorisé.

Si vous aviez le pouvoir de changer un aspect du système de santé, quel serait-il?
Je ferais participer le personnel infirmier en soins directs aux décisions à tous les niveaux

Leah Geller est rédactrice indépendante (santé et sciences) à Ottawa.
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