Développer les SSP : le rôle d’Ottawa

Janvier 2016   Commentaires

Nous avons invité Lisa Ashley à nous parler de ce que le gouvernement peut et devrait faire pour développer les soins de santé primaires au Canada. À titre d’infirmière conseillère principale à l’AIIC, Mme Ashley fait la promotion de politiques publiques favorables à la santé.

Développer les soins de santé primaires (SSP) au Canada n’est pas facile. Le financement des soins de santé et la responsabilisation sont déséquilibrés, et la maladie, le traitement et la biomédecine prennent trop de place au détriment de modèles plus vastes et globaux de promotion de la santé ainsi que de prévention et de gestion des maladies chroniques, y compris les soins autoadministrés.

Le fédéral a un rôle essentiel à jouer dans le réalignement des ressources et des politiques sociales et sanitaires pour aller dans le sens de la santé, prévenir la maladie et favoriser le bien-être afin de renforcer le système de santé canadien, sans but lucratif et financé par l’État. Le nouveau gouvernement libéral a une occasion rêvée de travailler avec ses partenaires provinciaux et territoriaux pour s’attaquer à plusieurs problèmes.

En ce qui a trait aux soins de santé, les besoins sont de plus en plus complexes. Des effectifs infirmiers efficaces sont nécessaires pour promouvoir une stratégie axée sur les SSP. Le rôle central du personnel infirmier autorisé et praticien dans les interventions de SSP est de mieux en mieux compris, mais certains fournisseurs hésitent à intégrer des progrès prometteurs en matière de pratique interprofessionnelle.

Les rares données épidémiologiques sur la planification des programmes de santé publique sont insuffisantes pour influencer la programmation des SSP, leur portée et leur évaluation.

La composition démographique du Canada change. Nous vivons plus longtemps et avons plus de maladies chroniques, ce qui mine d’autant notre système de soins de santé. Les aînés sont particulièrement vulnérables à la pauvreté et leurs besoins en matière de soins à domicile, dans la communauté et de courte durée sont les plus criants. Et on manque de soins communautaires et de soutien gouvernemental pour les aidants naturels.

Mais ces difficultés sont surmontables.

Pour que les soins de santé soient viables, il faut un accès universel à des soins de santé de qualité dotés de ressources (financières, humaines et matérielles) suffisantes et offerts tout au long du continuum de soins, en temps opportun et à un coût raisonnable. Pour que la santé des communautés inuites et des Premières Nations soit comparable à celle du reste de la population, le gouvernement doit veiller à ce que les services de santé soient offerts et accessibles; c’est sa responsabilité.

Une stratégie Santé dans toutes les politiques mènerait à l’amélioration de la santé et du bien-être de notre population. Or la santé est associée à une croissance économique, une productivité et une prospérité accrues, au succès scolaire et à l’engagement citoyens dans la communauté. Une population saine nécessite par ailleurs moins de mesures d’aide sociale et d’interventions de soins de santé.

Ottawa doit appuyer les stratégies collaboratives intersectorielles, qui mettent l’accent sur la justice sociale et l’équité en matière de santé et reconnaissent le rôle des déterminants sociaux de la santé sur le bien-être des particuliers, des communautés et de la population.

Le gouvernement doit promouvoir des stratégies qui assurent aux aînés des soins de santé complets en réorientant le financement vers les programmes et services de soins préventifs, y compris en investissant dans nos effectifs de santé publique.

Les patients doivent être au centre des soins et avoir un accès homogène à des soins adaptés à leurs besoins changeants. Le gouvernement peut appuyer une réforme des soins de santé centrés sur les services à domicile et dans la communauté, qui mettent l’accent sur des modèles de coopération interprofessionnelle.

Ottawa doit investir dans la recherche, dans l’innovation et dans l’application des connaissances en matière de SSP. Il doit plus spécifiquement mettre en œuvre des interventions et des normes nationales pour orienter la planification, l’organisation et l’évaluation des politiques et des services de santé. Ces normes guideraient aussi les provinces et territoires et les intervenants concernés afin d’élaborer un cadre pancanadien de SSP qui servirait de référence pour mesurer le rendement des systèmes de soins de santé canadiens et en rendre compte.

Pour lire l’énoncé de position révisé de l’AIIC en matière de SSP, allez sur cna-aiic.ca, cliquez sur l’onglet Représentation, puis allez dans Énoncés de position de l’AIIC.

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