La mondialisation de Paisly Symenuk

Mai 2016   Commentaires

Amener la relève à s’impliquer pour la santé mondiale

Teckles Photography Inc.

C’est une visite à Senya Beraku, au Ghana, en 2012, qui a fait naître chez Paisly Symenuk le désir passionné de contribuer aux efforts mondiaux pour parvenir à l’équité en santé.

Originaire d’Edmonton, elle est en troisième année à la faculté de sciences infirmières de l’Université de l’Alberta. Elle préside le Comité en santé et sensibilisation mondiale de l’Association des étudiant(e)s infirmier(ère)s du Canada, et avec Jessinta Philbert (infirmière urgentiste diplômée en 2015), elle a fondé la première association mondiale d’infirmières et infirmiers étudiants et novices. Une fois son diplôme en poche, Mme Symenuk prévoit commencer des études supérieures en santé mondiale.

Sa motivation pour être à la tête du changement à l’échelle mondiale est claire.

« Le monde ne profite pas des idées et des innovations des infirmières et infirmiers étudiants et novices en matière de santé mondiale parce que nous ne sommes pas invités à participer aux discussions, affirme-t-elle. Et nous avons besoin de plus de leadership infirmier en matière de santé mondiale. »

Mais avant d’aller en visite au Ghana lors d’un voyage en Afrique, elle n’avait pas arrêté son choix sur une carrière. Elle voulait se rendre utile, une valeur instillée par ses parents qui, très tôt, l’ont incluse dans leurs activités de bénévolat.

À l’école Destiny Hope Africa de Senya Beraku, elle a rencontré des enfants ravis de pouvoir aller à l’école, même s’ils devaient s’asseoir par terre, partager nourriture et cahiers et se contenter de crayons pas plus gros que des cure-dents.

Mme Symenuk s’est rendu compte que le simple fait d’être née au Canada lui donnait droit à de bons soins de santé et à une éducation. Elle a repensé à son idée de devenir infirmière et de choisir une carrière qui lui permettrait de redonner aux autres et de travailler sur des questions de santé mondiale.

Elle est passée d’un programme de sciences générales à un programme de baccalauréat spécialisé en sciences infirmières axé sur la santé mondiale. L’année suivante, elle était la première de sa famille à décrocher un diplôme universitaire. Grâce aux autres cours avec crédits qu’elle a suivis, elle aura aussi un certificat en mobilisation communautaire et service communautaire, et un autre en apprentissage international.

Mme Symenuk, qui, au secondaire, participait à la vie politique étudiante, a découvert l’AEIC lors de sa conférence nationale de 2014.

« J’ai été très impressionnée par le professionnalisme et les valeurs dont faisaient preuve les membres de l’AEIC. J’ai eu le sentiment d’avoir trouvé des gens qui partageaient ma passion du leadership et de la défense des droits ainsi que mon souhait de faire bouger les choses. »

À la conférence de 2015 du Conseil international des infirmières (CII) à Séoul, en Corée, elle a coprésenté une affiche visant à promouvoir la citoyenneté mondiale dans les études infirmières. Elle a aussi participé à un panel de cinq personnes dans le cadre d’une assemblée étudiante. Un projet y est né de créer un réseau mondial qui permettrait aux infirmières et infirmiers étudiants et novices de collaborer et d’être représentés et entendus.

Mmes Symenuk et Philbert ont récemment constitué un tel réseau en organisation sans but lucratif : la Global Association of Student and Novice Nurses. En consultation avec un conseil consultatif de représentants de Corée, du Japon, d’Argentine, d’Égypte, du Népal, de Turquie, d’Australie et de Thaïlande, elles écrivent les règlements administratifs. Mmes Symenuk et Philbert espèrent bientôt inviter les gens à devenir membres. La nouvelle organisation tiendra sa première réunion en 2017 à Barcelone, en Espagne, pour la faire coïncider avec le congrès du CII.

Créer cette nouvelle association et travailler avec l’AEIC a donné à Mme Symenuk davantage confiance en elle et a renforcé sa conviction que les infirmières et infirmiers étudiants ont la capacité et la volonté nécessaires pour faire avancer les choses. De plus, elle pense à présent que les infirmières et infirmiers devraient tenir des rôles de leadership dans des organisations qui ont une grande influence sur la santé de par leurs décisions, comme la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce. « Ces rôles ne devraient pas être réservés à des gens qui ont fait des études de droit ou de commerce », tranche-t-elle.

Son secret, pour combiner travail et activités, c’est « une très bonne gestion du temps et un calendrier Google extrêmement bien organisé », confie-t-elle en riant. C’est aussi sa famille. « Ils m’ont toujours prodigieusement soutenue dans tout ce que je faisais. » Elle trouve le temps de jouer au basketball – elle regarde le plus de matchs possible (« J’en suis folle! ») – et de promener son vieux caniche, ou de faire du vélo ou de la marche quand la météo le permet.

Ses objectifs à long terme sont encore flous, mais elle est très certainement ouverte à l’idée de devenir leader d’une organisation mondiale et, si l’occasion se présente, de promouvoir la valeur de l’apprentissage par l’expérience. Cette philosophie vient en partie d’un cours en promotion de la santé qu’elle a suivi en Zambie. Elle retournera dans ce pays cet été pour diriger un projet de recherche sur les perceptions et l’expérience de volontaires en santé communautaire et sur leurs idées en matière de prévention de la violence fondée sur le sexe. « Ces gens ont des idées formidables, mais personne ne leur a vraiment demandé ce qu’ils pensaient, même si ce sont eux qui connaissent le mieux leur communauté. »


10 questions avec Paisly Symenuk

Si vous deviez choisir un mot pour vous décrire, ce serait lequel?
Zélée

Si vous pouviez changer une chose en vous, qu’est-ce que vous changeriez?
Je serais capable de jouer de la contrebasse dans un groupe de bluegrass.

Quelle est l’une des choses que les gens seraient surpris d’apprendre à votre sujet?
Je suis légèrement obsédée par les parasites. Ma sœur m’a même offert des boucles d’oreille en forme de parasites lamblia pour Noël.

« Si j’avais plus de temps libre, je ... »
J’apprendrais une autre langue.

Où avez-vous passé vos dernières vacances?
Je suis allée faire une randonnée en pleine nature sur la piste Chilkoot, qui relie la Colombie-Britannique à l’Alaska.

Quel est l’endroit du monde que vous aimeriez le plus visiter?
Le Lac des méduses sur l’île Eil Malk aux Palaos

Quel est votre plus grand regret?
D’avoir pensé à une époque que je n’étais pas assez intelligente pour réussir à l’école et poursuivre mes objectifs en santé mondiale

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le fait d’être étudiante infirmière?
Que notre principale responsabilité soit d’apprendre le plus de choses possible et d’être curieux

Qu’est-ce qui vous plaît le moins dans le fait d’être étudiante infirmière?
Le poids de nos manuels

S’il était en votre pouvoir de changer une chose dans le système de soins de santé, qu’est-ce que vous changeriez?
Je veillerais à ce que la discrimination sous toutes ses formes soit éliminée.

Laura Eggertson

Laura Eggertson est journaliste indépendante à Ottawa.

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