Brièvement

Novembre 2016   Commentaires

Autisme, TDAH et TOC : meilleure connaissance des déficiences cérébrales
Une technique non invasive pour la surveillance des migraines et de l’épilepsie
Bière plus légère, meilleure réduction des méfaits?
Prévenir une cause d’insuffisance cardiaque auparavant impossible à prévenir
Espoir d’un nouveau traitement pour la maladie de Crohn
Recherche publiée par des membres de l’AIIC


Autisme, TDAH et TOC : meilleure connaissance des déficiences cérébrales

Une équipe de chercheurs de Toronto a découvert des similarités dans les dysfonctionnements cérébraux d’enfants et d’adolescents atteints de troubles du spectre autistique de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Pour leur étude, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, ils ont étudié des images du cerveau de 200 enfants et adolescents. Ils ont trouvé des dysfonctionnements dans le principal faisceau de substance blanche qui connecte les hémisphères droit et gauche du cerveau des participants ayant l’une de ces trois déficiences, mais pas dans le cerveau des jeunes du groupe témoin.

Ensemble, l’autisme, le TDAH et les TOC touchent environ 15 % des enfants et des adolescents. Beaucoup des comportements qui contribuent à ces déficiences, comme les problèmes d’attention ou les difficultés sociales, se manifestent dans les trois maladies. Les chercheurs ont constaté que les sujets qui démontraient les plus grandes déficiences cérébrales éprouvaient aussi le plus de difficultés au quotidien, indépendamment du diagnostic. Cette étude tend à montrer que des traitements ciblant un ensemble de comportements pourraient être pertinents pour les trois maladies.


Une technique non invasive pour la surveillance des migraines et de l’épilepsie

La meilleure façon d’étudier la vague d’activité électrique à basse fréquence liée aux migraines et à l’épilepsie, appelée dépression corticale propagée, est de placer des électrodes directement à la surface du cerveau. Cependant, des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, d’Allemagne et d’Iran ont découvert que des données tout aussi fiables pouvaient être obtenues au moyen d’électrodes appliquées sur le cuir chevelu.

Comme ils l’expliquent dans Neuroscience, les chercheurs ont conçu un amplificateur c.a./c.c. pour enregistrer des signaux électriques provenant des électrodes fixées sur la peau à l’extérieur de la boîte crânienne de rats sous anesthésie. L’amplificateur a détecté des signaux dans une bande de fréquences beaucoup plus large que le système standard pour les encéphalogrammes cliniques (EEG). Les chercheurs ont provoqué une dépression corticale propagée chez les rats, puis ont comparé les enregistrements provenant des électrodes externes et ceux obtenus avec des électrodes placées directement sur le cerveau des animaux.

D’après les chercheurs, cette technique permettra d’étudier la dépression corticale propagée de façon non invasive, sans que le coût du diagnostic soit plus élevé qu’avec un EEG standard. Leur technique pourrait contribuer à l’élaboration de médicaments pour les migraines et l’épilepsie qui cibleraient la dépression corticale propagée ainsi qu’à une meilleure compréhension d’autres troubles neurologiques.


Bière plus légère, meilleure réduction des méfaits?

En réduisant légèrement la quantité d’alcool contenue dans la bière et les autres boissons, pourrait-on réduire les effets néfastes de l’alcool dans l’ensemble de la société? À en juger par les données probantes examinées par une équipe de chercheurs travaillant pour la plupart au Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto, la réponse pourrait être oui. Comme ils le rapportent dans Lancet Gastroenterology & Hepatology, des études indiquent que les consommateurs sont incapables de faire la différence entre des bières plus ou moins fortes. La crainte que les gens boivent plus de bière légère ou préfèrent d’autres boissons plus alcoolisées n’est donc pas justifiée. L’option d’offrir des boissons sans alcool et moins chères semble moins prometteuse pour réduire la quantité d’alcool consommée ou les méfaits liés à l’alcool.

D’après les chercheurs, il existe plus de raisons pour les producteurs d’alcool d’adopter la proposition de réduire le pourcentage d’alcool dans les boissons que toute autre politique, comme une hausse des taxes ou des restrictions quant à l’accès ou au marketing. Le secteur ne verrait pas ses ventes diminuer, ses marges de profit pourraient augmenter, et son image n’en souffrirait pas. Une telle mesure profiterait tant au marché de l’alcool qu’à la santé publique, ce qui est rare.


Prévenir une cause d’insuffisance cardiaque auparavant impossible à prévenir

Des recherches réalisées à l’Université de l’Alberta et à l’Université McGill ont ouvert la porte à la prévention, à l’avenir, de la fibrose cardiaque, une affection impossible à traiter actuellement et qui mène à l’insuffisance cardiaque. Comme le rapporte PLOS ONE, les chercheurs ont découvert les déclencheurs précis de la fibrose, qui précipite l’apparition de l’insuffisance cardiaque. Ils ont pu prévenir la fibrose cardiaque chez des souris en bloquant les déclencheurs au moyen de certains acides biliaires.

L’équipe mène maintenant des études pour voir si les mêmes effets thérapeutiques peuvent être obtenus chez les humains. Ils veulent mieux comprendre comment des acides biliaires bloquent l’apparition de la fibrose cardiaque et ce qui se passe au niveau moléculaire à l’intérieur des cellules cardiaques. Ils espèrent travailler ensuite avec des cardiologues pour passer à des essais cliniques avec des patients suivant une chimiothérapie ou ayant reçu une greffe cardiaque, dont on sait qu’ils ont un risque élevé de souffrir de fibrose cardiaque.


Espoir d’un nouveau traitement pour la maladie de Crohn

Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et d’Australie ont fait une découverte qui pourrait rendre possible le traitement d’une complication débilitante de la maladie de Crohn. Chez certains patients, il arrive que les intestins soient bloqués par du tissu conjonctif cicatriciel épaissi, une complication appelée fibrose intestinale. Les chercheurs rapportent dans Science Immunology qu’ils ont découvert une mutation qui empêche l’apparition de la fibrose chez des souris préalablement infectées avec un type de salmonelle produisant des symptômes similaires à ceux de la maladie de Crohn. La mutation bloque un récepteur hormonal qui stimule une partie des réactions immunitaires de l’organisme.

Il existe des médicaments qui pourraient bloquer ce récepteur dans des cellules normales et prévenir la maladie fibreuse. Les chercheurs espèrent que leur découverte pourra être utile pour d’autres types de fibroses, pour la cirrhose et les néphropathies chroniques, par exemple. L’auteur principal souligne que la fibrose faisant également partie du vieillissement normal, si l’on sait l’enrayer, on pourra essentiellement promouvoir la régénération plutôt que la dégénération.


Recherche publiée par des membres de l’AIIC

Rashotte, J., Varpio, L., Day, K., Kuziemsky, C., Parush, A., Elliott-Miller, P., … Roffey, T. « Mapping communication spaces: The development and use of a tool for analyzing the impact of EHRs on interprofessional collaborative practice », International Journal of Medical Informatics, 93 (2016), p. 2-13. doi:10.1016/j.ijmedinf.2016.05.003

Introduction : Les membres de l’équipe de soins doivent consulter et communiquer les renseignements sur les malades pour coordonner la pratique axée sur la collaboration interprofessionnelle (PCI). En dépit de certaines données probantes selon lesquelles les dossiers de santé électroniques (DSE) contribueraient aux problèmes de communication au sein des équipes, les DSE continuent d’être considérés comme des outils qui favorisent la PCI. Pour s’en assurer, les chercheurs doivent pouvoir étudier longitudinalement l’incidence des DSE sur la PCI pour les différents types de communications, d’utilisateurs et d’endroits.

Objectif : Nous présentons ici un instrument de collecte de données et d’analyse appelé Map of the Clinical Interprofessional Communication Spaces (MCICS). Il s’agit d’une carte des espaces de communications cliniques interprofessionnelles qui aide à étudier l’effet des DSE sur les PCI dans le temps, et pour différents types de communications, d’utilisateurs et d’endroits.

Méthodes : L’instrument a été conçu pendant une étude longitudinale prospective de grande envergure réalisée dans un hôpital pédiatrique universitaire de soins tertiaires au Canada. Pour cette étude en deux phases [avant la mise en œuvre d’un DSE (phase 1) et après (phase 2)], on utilisait un modèle constructiviste d’analyse par théorisation ancrée et des stratégies triangulées de collecte de données (soit des observations non participantes, des entrevues, des réflexions à voix haute et des analyses de documents). Le MCICS a été créé en cinq étapes : i) élaboration structurale préliminaire basée sur l’utilisation du dossier papier (phase 1); ii) étude de confirmation et modification (phase 1); iii) collecte et analyse de données continues à l’aide de la carte (phase 1); iv) collecte de données et modification de la carte en fonction de l’effet du DSE (phase 2); v) étude de confirmation et modification (phase 2).

Résultats : En créant et en utilisant le MCICS, notre équipe a pu cerner, observer et analyser l’effet du DSE sur la PCI a) dans les communications orales, électroniques et papier, b) dans les différentes unités d’un hôpital par lesquelles passait un patient, c) pendant toute la durée de l’hospitalisation d’un patient, d) pour des fournisseurs de soins multiples. En utilisant le MCICS, nous avons dressé un portrait complet et détaillé du milieu clinique où le DSE était instauré et des conséquences voulues et non voulues de son déploiement. La carte confirmait nos observations et notre analyse des espaces de communication des PCI et du rôle du DSE dans ces espaces.

Conclusions : Si l’on espère régler les difficultés associées aux PCI grâce aux DSE, les chercheurs doivent pouvoir mener une évaluation longitudinale de leur effet sur les PCI dans une multiplicité de modes de communications et d’endroits et avec divers utilisateurs. Cartographier les espaces de communication clinique peut aider les concepteurs des DSE, les cliniciens, les formateurs et les chercheurs à comprendre ces espaces et leur complexité et à trouver des façons efficaces d’utiliser les DSE pour soutenir les PCI. Nous croyons que le MCICS peut être utilisé tel quel dans d’autres hôpitaux pédiatriques universitaires de soins tertiaires et adapté pour d’autres établissements de soins de santé.

Le résumé a été traduit et reproduit avec autorisation.

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