Brièvement

Octobre 2016   Commentaires

Bonnes nouvelles au sujet de deux « mauvaises » habitudes d’enfant

Les enfants qui sucent leur pouce ou se rongent les ongles risquent moins, plus tard, d’être sensibles à des allergènes, comme les acariens, le foin, les chats, les chiens, les chevaux ou les spores de moisissure dans l’air. C’est ce qu’indique une étude réalisée par des chercheurs des universités McMaster et Otago (Nouvelle-Zélande), publiée dans la revue Pediatrics. Ils ont testé l’hypothèse selon laquelle sucer son pouce et ronger ses ongles augmente l’exposition aux microbes, ce qui agit sur le système immunitaire et réduit l’apparition d’allergies.

Les chercheurs ont mesuré ces deux habitudes dans une cohorte de plus de 1 000 enfants en Nouvelle-Zélande à 5, 7, 9 et 11 ans. La sensibilisation atopique, associée aux réactions allergiques, a été mesurée chez les participants au moyen de tests cutanés à 13 et 32 ans. Les chercheurs ont trouvé que 31 % des enfants suçaient fréquemment leur pouce ou rongeaient fréquemment leurs ongles ou les deux. À 13 ans, une sensibilisation atopique était présente chez 45 % des participants, comparé à 40 % de ceux qui avaient l’une de ces deux habitudes et 31 % de ceux qui avaient les deux. Cette tendance se maintenait à l’âge adulte et n’était pas modifiée par le fait qu’un des parents de l’enfant fume ou que la famille ait un chien ou un chat.


Tous les sangs ne seraient pas égaux

Selon une vaste étude canadienne, les transfusions de globules rouges provenant de jeunes donneurs ou de femmes pourraient être liées à des taux de survie plus faibles chez les transfusés. L’étude, publiée dans JAMA Internal Medicine, examinait l’effet du sexe et de l’âge du donneur sur les résultats pour le receveur en faisant le lien entre 30 503 personnes transfusées à l’Hôpital d’Ottawa entre octobre 2006 et décembre 2013 et leur donneur (80 755 au total). Les chercheurs ont découvert que les transfusions de globules rouges provenant de femmes étaient associées à une augmentation de 8 % du risque de décès (toutes causes confondues) par unité transfusée, comparé à la transfusion de globules rouges provenant d’hommes. Par rapport aux receveurs de globules rouges de donneurs entre 40 et 50 ans, ceux qui en recevaient de donneurs de 17 à 20 ans et de donneurs de 20 à 30 ans avaient un risque de décès de 8 % et de 6 % supérieur, respectivement, par unité transfusée.

Les chercheurs ont souligné que des études complémentaires étaient nécessaires pour confirmer ces résultats et pour se pencher sur les mécanismes biologiques possibles. Il se pourrait que des composantes du sang provenant de jeunes donneurs ou de femmes nuisent au système immunitaire du receveur.


Étudier la douleur chronique après une opération pour un cancer du sein

Les taux de survie après dix ans pour les patientes atteintes d’un cancer du sein sont maintenant d’environ 83 %, mais jusqu’à 60 % des femmes qui sont opérées dans le cadre de leur traitement peuvent souffrir de douleur chronique. Selon une étude, le risque de douleur chronique est beaucoup plus grand chez les femmes à qui l’on enlève un ganglion lymphatique à l’aisselle.

Une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’Université McMaster a effectué une étude systématique, publiée dans CMAJ, pour laquelle ils ont analysé 30 études portant sur près de 20 000 femmes opérées pour un cancer du sein. Ils ont conclu qu’avec la perturbation de nerfs sensoriels au niveau de l’aisselle lors de l’ablation de ganglions lymphatiques, le risque de douleur chronique augmente de 21 %. Le risque était également accru chez les jeunes patientes et chez celles qui subissaient une radiothérapie. Les chercheurs ont cependant précisé qu’ils ne pouvaient pas être certains qu’en s’efforçant de ne pas endommager des nerfs pendant une opération à l’aisselle en raison d’un cancer du sein, on pourrait éviter l’apparition de douleurs persistantes. La pratique standard de l’opération à l’aisselle a déjà beaucoup reculé au profit des biopsies sur les ganglions sentinelles, qui réduisent les complications.


Diabète : une raison de plus de se faire vacciner contre la grippe

La vaccination contre la grippe chez les personnes souffrant de diabète de type 2 pourrait être associée à un moindre risque d’hospitalisation pour un infarctus du myocarde, un AVC, une insuffisance cardiaque ou encore une pneumonie ou une grippe, selon une étude publiée dans CMAJ. Cette étude réalisée sur 124 503 patients atteints de diabète de type 2, sur une période de sept ans, visait à voir si le vaccin contre la grippe aidait à les mettre à l’abri d’une hospitalisation pour accident cardiovasculaire ou respiratoire. Les chercheurs ont constaté que le nombre d’hospitalisations pour infarctus aigu du myocarde pendant la saison de la grippe était réduit de 19 % chez les sujets vaccinés, le risque diminuant de 30 % pour l’AVC, de 22 % pour une insuffisance cardiaque et de 15 % pour la pneumonie et la grippe. Par ailleurs, les personnes vaccinées avaient un taux de décès inférieur de 24 %.

Peu d’études ont été consacrées aux avantages du vaccin antigrippal chez les diabétiques de type 2. Cette étude montre que ce groupe a beaucoup à gagner en se faisant vacciner, entre autres une protection contre les hospitalisations pour problèmes cardiovasculaires graves.


Une option de rechange abordable et sans douleur aux prises de sang

Une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique a créé un système de microaiguilles pour le suivi pharmaceutique qui pourrait un jour remplacer les prises de sang, coûteuses et invasives, et améliorer le confort des patients. Le système, décrit dans Scientific Reports, consiste en un timbre transdermique qui, pressé contre le bras du patient pendant un traitement médical, mesure la concentration de médicament dans le sang, sans douleur et sans prélever de sang. Le timbre contient des projections similaires à des microaiguilles, longues de moins d’un demi-millimètre, qui ressemblent à des cônes creux. Les microaiguilles sont conçues pour percer la couche externe de la peau, qui agit comme un bouclier protecteur, mais pas les couches de l’épiderme et du derme en dessous, qui contiennent les nerfs, les vaisseaux sanguins et les cellules immunitaires actives.

Les chercheurs ont découvert qu’ils pouvaient utiliser le fluide qui se trouve juste en dessous de la couche externe de la peau pour surveiller le niveau de vancomycine, un antibiotique, dans le sang. Les microaiguilles collectent moins d’un millionième de millilitre de ce fluide, et une réaction se produit à l’intérieur des microaiguilles, observable au moyen d’un capteur optique. Les chercheurs pensent qu’il sera possible de mettre au point des systèmes similaires pour surveiller la concentration de nombreuses autres substances.

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