Redessiner l’identité de la profession

Octobre 2016   Commentaires

Andrew Waddington trouve une façon de servir de modèle aux générations futures d’hommes et de les recruter.

La profession infirmière renforce sa crédibilité en offrant une image moderne et en allant chercher de nouveaux membres parmi les meilleurs et les plus brillants. Comme cette image doit refléter la population pour laquelle nous œuvrons, il faut que les hommes soient inclus. Notre présence dans la profession a peu augmenté au cours du dernier siècle. Selon les chiffres récents, nous représenterions moins de 10 % des effectifs infirmiers autorisés dans la plupart des provinces et territoires au Canada. Si l’on veut que la main-d’œuvre jouisse d’une perspective équilibrée et conserve une image de modernité, il faut viser l’égalité hommes-femmes. Beaucoup de gens et de groupes, c’est certain, se sont efforcés d’accroître la diversité au sein des effectifs, mais le stéréotype de profession féminine perdure, entretenu par les médias, la culture populaire et même les écoles de sciences infirmières.

Il y a environ un an, on m’a demandé de faire une présentation dans une classe de 1re année dans le cadre de la semaine des aides communautaires. Je suis arrivé en uniforme, avec mon stéthoscope et ma lampe-stylo. La visite a été passionnante : une bonne occasion de parler aux enfants et de les voir poser des questions sur la santé et parler de leur expérience avec le système de soins de santé, les yeux brillants. Ils ont aimé pouvoir toucher le stéthoscope et écouter le son du cœur et des poumons; nous avons trouvé des enregistrements sur Internet pour que tous puissent l’entendre. Leurs esprits curieux s’ouvraient à vue d’œil.

Quelques semaines plus tard, l’enseignante m’a envoyé en remerciement une enveloppe de dessins d’élèves. On y voyait une conséquence involontaire de ma visite : les enfants avaient pris conscience que les hommes aussi pouvaient être infirmiers. Sur l’un des dessins, que j’ai gardé, il y a ce qu’ils pensaient être l’infirmière « typique » à côté d’une silhouette plus masculine. On retrouvait cette image « atypique », comme celle que je donne, dans plusieurs dessins. J’ai constaté qu’être présent et visible en tant que représentant masculin de la profession pouvait être un moyen efficace de lutter contre les stéréotypes et faire germer l’idée d’éventuelles carrières.

Six mois plus tard, je me suis offert pour parler à la classe de ma fille, en 1re année. Les réactions ont été similaires. J’étais lancé, et je me suis mis à chercher d’autres occasions de faire des exposés!

Pour redéfinir l’image de la profession infirmière dans la société et poursuivre l’égalité hommes-femmes, les hommes de la profession pourraient s’employer à recruter et à offrir un modèle pour les générations futures. Ils feraient du même coup tomber les obstacles et apparaître des changements. J’aimerais encourager mes collègues masculins à profiter des occasions qu’ils ont d’agir pour faire avancer les choses : allez dans les écoles, fréquentez les rassemblements publics, écrivez aux journaux, contribuez à des blogues ou autres forums publics, dites aux gens ce que vous faites. Qui sait? L’avenir de la profession infirmière pourrait en dépendre.

Andrew Waddington, inf. aut.

Andrew Waddington, inf. aut., a travaillé en soins d’urgence et avec des populations à risque. Il enseigne les sciences infirmières au Collège Keyano à Fort McMurray (Alb.) et fait actuellement une maîtrise.

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