Brièvement

Janvier-Février 2017   Commentaires

Meilleure compréhension d’un cancer agressif

Des chercheurs de l’Institut ontarien de recherche sur le cancer et du centre de cancérologie Princess Margaret (Réseau universitaire de santé) ont publié dans Nature des résultats qui bousculent les idées actuelles sur l’évolution du cancer du pancréas. On pensait qu’il progresse par paliers, en suivant une séquence spécifique d’altérations génétiques, mais la réalité clinique est que la maladie, de cancer localisé limité au pancréas, peut très rapidement devenir complètement métastatique. Les chercheurs ont utilisé le séquençage du génome entier pour reconstruire l’évolution du cancer pancréatique dans 100 tumeurs indépendantes. Ils ont été surpris de découvrir que beaucoup des altérations majeures soupçonnées de causer la maladie se produisent d’un coup.

On prévoit que le cancer du pancréas sera la deuxième cause de décès lié à un cancer d’ici 2030. Or il s’est avéré très difficile d’améliorer les résultats cliniques. Lorsque le patient commence à avoir des symptômes, il est souvent devenu inopérable. Ces résultats ouvrent la voie pour des recherches décisives qui pourraient aider à mieux le diagnostiquer, à prédire son évolution et à déterminer comment et quand il produira des métastases.


Meilleure santé musculaire pour de meilleurs taux de glycémie

Deux études réalisées par des chercheurs de l’Université McMaster vont aider à prévenir la détérioration musculaire, l’une des complications du diabète de type 1. La perte de masse musculaire squelettique affecte la capacité du corps, au fil du temps, à réguler la glycémie et répondre à l’insuline. Or la perte de sensibilité à l’insuline est un facteur majeur d’autres complications, comme l’insuffisance rénale et les maladies cardiovasculaires.

Il ressort d’une étude publiée dans Diabetes que la concentration de cellules souches dans les muscles squelettiques de souris et de jeunes adultes atteints de diabète de type 1 était nettement plus basse que chez les sujets témoins. Dans une étude publiée dans Scientific Reports, la même équipe montre que l’on peut prévenir la perte de masse squelettique chez les souris atteintes de diabète de type 1 en réduisant leur capacité de produire une protéine qui inhibe la croissance musculaire. Selon l’auteur principal de ces études, leurs recherches sur des souris et des humains ont permis de montrer que la maladie nuit aux muscles et qu’en améliorant la santé musculaire, il est possible d’améliorer la réponse du corps à l’insuline et, ainsi, de réduire le taux de glycémie.


Remuer les parents pour qu’ils fassent bouger leurs enfants

Pour que les parents veillent à ce que leurs enfants fassent plus d’exercice, des campagnes de sensibilisation ne suffiront pas, selon une étude dirigée par une chercheuse de l’Université de la Colombie-Britannique publiée dans Health Education & Behaviour. L’équipe de recherche a mené une enquête auprès de 700 parents d’enfants de 5 à 11 ans un peu partout au Canada trois mois après le lancement de la campagne Think Again de ParticipACTION, en 2011, et auprès de 700 autres parents 15 mois plus tard. La campagne était conçue pour sensibiliser les parents aux lignes directrices en matière d’activité physique, selon lesquelles les enfants devraient faire au moins 60 minutes d’exercice modéré à vigoureux par jour. Selon les chercheurs, les enfants dont les parents connaissaient cette campagne ne respectaient pas plus souvent les lignes directrices que ceux dont les parents ne connaissaient pas la campagne.

L’auteure principale fait observer que si les campagnes médiatiques sensibilisent les gens à la nécessité pour les enfants de faire suffisamment d’exercice, les parents ne sont pas toujours capables de mettre ce savoir en pratique.


Nouvelle mission pour un vieil antibiotique

Les céphalosporines de premier génération, des antibiotiques arrivés sur le marché au début des années 1960 pour le traitement d’infections bactériennes, semblent prometteuses pour le traitement de la tuberculose, selon des travaux de recherche publiés dans Scientific Reports. Causée par le Mycobacterium tuberculosis, la tuberculose est la maladie infectieuse qui fait le plus de morts dans le monde. Une thérapie standard dure au moins six mois et peut atteindre 24 mois pour les patients infectés par une souche pharmacorésistante. Les effets secondaires sont en outre souvent brutaux. Il est impératif de trouver rapidement de nouveaux traitements pour raccourcir les thérapies standards, mais des études montrent que l’élaboration de n’importe quel nouveau médicament coûte maintenant plus de 2,6 milliards de dollars.

Les céphalosporines peuvent être prises oralement et leur innocuité à long terme est établie, mais leur utilisation pour traiter la tuberculose n’a pas encore été étudiée. Une étude in vitro a permis aux chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique et du Diseases of the Developing World GlaxoSmithKline Centre de montrer que les céphalosporines sont efficaces, seules, contre la bactérie, et qu’elles le sont encore plus lorsqu’elles sont combinées aux traitements traditionnels et plus nouveaux contre la tuberculose. Les céphalosporines étant déjà approuvées pour utilisation clinique, ces nouvelles applications peuvent être immédiatement testées chez les humains.


Buvez! C’est l’heure d’aller au lit

L’horloge biologique cérébrale stimule la soif dans les heures précédant le coucher. C’est du moins ce que montre une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill. Cette découverte et celle du processus moléculaire sous-jacent jettent un tout premier éclairage sur la façon dont l’horloge biologique régule une fonction physiologique et pourrait aider à découvrir des façons de réduire les difficultés causées par le décalage horaire et le travail par quarts.

On a constaté une ingestion d’eau accrue chez des rongeurs avant de dormir, sans besoin physiologique correspondant. Les chercheurs ont découvert que si on limitait l’accès de souris à de l’eau pendant cette période, elles étaient fortement déshydratées à la fin de leur cycle de sommeil. La consommation accrue d’eau avant de dormir les protège de la déshydratation et contribue à leur bonne santé. Au moyen de l’optogénétique, une technique utilisant la lumière laser pour stimuler ou désactiver des neurones qui ont été génétiquement modifiés pour être activés par la lumière, les chercheurs ont pu montrer qu’un neurotransmetteur activait les neurones de la soif dans le cerveau de la souris. Cette étude a été publiée dans Nature.

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