Brièvement

Juillet / Août 2017   Commentaires

Des animaux de compagnie pour réduire les risques d’allergies et d’obésité?

Vous cherchez une raison d’aimer les chiens? Et s’ils aidaient à protéger les enfants contre les allergies et l’obésité? Selon une étude de l’Université de l’Alberta publiée dans Microbiome, les bébés de familles avec des animaux de compagnie – surtout des chiens – avaient des niveaux plus élevés de deux types de microbes associés à des risques réduits d’allergies et d’obésité. Les chercheurs ont examiné le contenu microbial d’échantillons de matières fécales de 746 nourrissons participant à l’étude Canadian Healthy Infant Longitudinal Development Study. Ils ont découvert que l’exposition à un animal de compagnie modifie la population de microbes dans l’intestin du bébé après la naissance, mais aussi in utero. Cette étude s’inscrit dans le prolongement de deux décennies de recherches montrant que les taux d’asthme sont moins élevés chez les enfants qui grandissent avec des chiens. On croit que l’exposition dès le plus jeune âge à de la saleté et à des bactéries, provenant du pelage et des pattes d’un chien par exemple, peut créer une immunité précoce. D’après l’auteure principale, il est possible que les laboratoires pharmaceutiques produisent un jour des suppléments contenant ces microbes, une sorte de « chien en comprimé ».


Aller au café et sauver une vie

Les cafés et les distributeurs bancaires sont des endroits idéaux où installer des défibrillateurs externes automatisés (DEA) d’après une nouvelle étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Toronto et de l’hôpital St. Michael’s. Une intervention rapide en cas d’arrêt cardiaque peut sauver une vie, d’où l’importance que les témoins aient un accès immédiat à un DEA. Pour leur étude, publiée dans Circulation, les chercheurs ont recensé tous les commerces et les services municipaux (comme les bibliothèques) qui ont plus de 20 établissements à Toronto. Puis, ils ont compté les arrêts cardiaques qui s’étaient produits à moins de 100 mètres de chacun pendant les heures d’ouverture. Résultat : trois des grandes chaînes de cafés – Tim Hortons, Starbucks et Second Cup – et les cinq plus grandes banques canadiennes, qui ont de nombreux guichets bancaires, étaient parmi les 10 meilleurs endroits où installer les DEA. Rien qu’à Toronto, les cafés Tim Hortons auraient donné accès à un DEA pour plus de 200 arrêts cardiaques hors hôpitaux sur une période de neuf ans. Les chercheurs espèrent que les conclusions de leur étude conduiront à l’installation de DEA dans ces endroits stratégiques.


MICI : en augmentation chez les jeunes Canadiens

Le Canada affiche l’un des plus hauts taux de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) pédiatrique au monde. Le nombre de diagnostics chez des enfants de moins de cinq ans a augmenté de 7,2 % par année entre 1999 et 2010, selon une nouvelle étude publiée dans l’American Journal of Gastroenterology. Une équipe de chercheurs de diverses organisations a utilisé les données administratives sur la santé de cinq provinces pour cette étude. Il y a 20 ans, on n’entendait presque jamais parler de MICI chez les enfants; aujourd’hui, plus de 3 000 Canadiens de moins de 16 ans en souffrent. La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse sont les principales sortes de MICI.

Selon les chercheurs, une modification de la composition bactérienne de l’intestin pourrait être à blâmer, mais ils ne savent pas ce qui cause le changement. Ils soupçonnent une combinaison de facteurs de risque environnementaux, comme une exposition aux antibiotiques pendant la petite enfance, certains types d’alimentation ou de bas niveaux de vitamine D. Il faudra des recherches plus poussées pour cerner les déclencheurs, comprendre les raisons biologiques du changement qui entraîne la MICI et concevoir des interventions pour prévenir la maladie dans ce groupe d’âge vulnérable.


Mesurer la pression artérielle : plus de précision avec des appareils automatiques

Une équipe dirigée par un chercheur du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal rapporte que plus de la moitié des médecins de famille au Canada utilisent encore des appareils manuels pour mesurer la pression artérielle. Or cette technologie dépassée entraîne souvent des erreurs de diagnostic. Dans ses directives de 2015, le programme d’éducation d’Hypertension Canada recommande de mesurer la pression artérielle au moyen d’appareils de mesure électronique, ou appareils oscillométriques, car cette méthode est plus précise. De plus en plus de cliniques médicales sont équipées de ces appareils automatiques, mais selon le sondage réalisé au printemps 2016 par les chercheurs auprès de médecins de famille, seulement 43 % des 769 répondants s’en servaient pour dépister l’hypertension. Les chercheurs ont publié les conclusions de leur étude dans Canadian Family Physician.

Au Canada, en 2010, on évaluait à plus de 13 milliards de dollars le coût des soins de santé associés à l’hypertension. Si des gens reçoivent un diagnostic erroné en raison d’une mesure incorrecte de leur pression artérielle, les implications financières pourraient être considérables, sans parler des implications cliniques si la prise de médicaments non nécessaires provoque des effets secondaires.


Nouvelle arme contre les superbactéries

Une étude dirigée par des chercheurs de l’Université McMaster a trouvé un nouveau traitement pour les pires maladies infectieuses au monde, c’est-à-dire les super bactéries résistantes à tous les antibiotiques connus. Pour une étude publiée dans Nature Microbiology, ils se sont concentrés sur les bactéries à Gram négatif, qui sont résistantes à tous les antibiotiques, y compris des médicaments de la dernière chance comme la colistine. Ces bactéries ont une enveloppe extérieure intrinsèquement impénétrable, qui fait obstacle aux antibiotiques efficaces par ailleurs. Cette caractéristique rend mortelles les infections par ces bactéries, en particulier en milieu hospitalier. L’équipe a testé 1 440 médicaments hors brevet en quête d’un médicament qui pourrait affaiblir cette enveloppe. Les chercheurs ont découvert que la pentamidine, un médicament antifongique, peut le faire. Utilisé conjointement avec les antibiotiques, le médicament était particulièrement efficace contre l’Acinetobacter baumannii et les entérobactériacées, deux des trois pathogènes identifiés par l’Organisation mondiale de la Santé comme absolument prioritaires pour la mise au point de nouveaux antibiotiques. La polythérapie s’est avérée efficace sur des souris en laboratoire, mais des études complémentaires sont nécessaires pour vérifier si elle peut être utilisée en toute sûreté sur les humains.

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