Les participants du Canada donnent et reçoivent à un congrès international

Juillet / Août 2017   Commentaires

À une réception canadienne à Barcelone, en Espagne, la présidente de l’AIIC, Barb Shellian (à gauche) a remis à Judith Shamian, présidente sortante du CII, une lettre du premier ministre Justin Trudeau.
Reflétant l’actualité mondiale, le Congrès 2017 du Conseil international des infirmières était centré sur la couverture maladie universelle, sur les objectifs de développement durable et sur les ressources humaines pour la santé pour réfléchir aux nombreuses façons dont le personnel infirmier est au front de la transformation des soins.

Le congrès et les rencontres du Conseil des représentantes d’associations nationales d’infirmières (CRN) ont eu lieu à Barcelone, en Espagne, du 25 mai au 1er juin. L’un des moments forts des rencontres a été une tribune de discussion avec la présidente de l’AIIC, Barb Shellian, et d’autres chefs de file des soins infirmiers sur la préparation pour l’arrivée des migrants, réfugiés et personnes déplacées et sur les soins à leur fournir. Les participants ont ensuite discuté en tables rondes de la nécessité de regrouper les membres du CII en coalitions pour prendre des mesures immédiates et faire valoir le besoin de ressources et de soutien adaptés pour les fournisseurs de soins de santé en première ligne.

Des affiches, des séances simultanées, des tribunes de discussion et des symposiums étaient consacrés à la pratique dirigée par le personnel infirmier et à des initiatives stratégiques d’un peu partout dans le monde. Près de 8 200 infirmières et infirmiers ont participé, et des spécialistes internationaux de la santé et des représentants de gouvernements se sont joints à eux pour échanger, tisser des liens et chercher des solutions à des problèmes communs. Plus de 150 infirmières et infirmiers canadiens, étudiants et en exercice, étaient parmi eux.

« Écouter les autres parler de leur travail est très productif, affirme Mme Shellian. C’est une occasion de rapporter chez soi ce qui se fait ailleurs. »

L’équipe de l’AIIC comprenait également Carolyn Pullen, directrice, Politiques, représentation et planification stratégique, et Lisa Ashley et Josette Roussel, infirmières-conseillères principales. Les exposés et des affiches de l’AIIC ont permis aux participants de mieux comprendre le plan d’action national pour les soins à domicile, le Cadre des infirmières et infirmiers sur l’aide médicale à mourir, le code de déontologie mis à jour, la portée des infirmières et infirmiers cliniciens spécialisés sur le système de santé, les stratégies pour favoriser des soins intégrés et les modèles canadiens pour faire avancer la pratique infirmière.

D’après ses conversations avec des participants, Mme Pullen estime que de nombreuses associations infirmières aspirent à un degré d’influence similaire à celui qu’exerce l’AIIC sur la scène fédérale. Dans beaucoup d’endroits dans le monde, élargir le champ de pratique des infirmières et infirmiers autorisés et praticiens et faire reconnaître le leadership potentiel du personnel infirmier relève de l’exploit.

« Notre participation à ce congrès éclaire les efforts de l’AIIC pour respecter l’engagement du Canada envers les Objectifs de développement durable », a déclaré Mme Pullen. Parlant plus généralement des retombées positives de ces rencontres, elle note qu’elles donnent des occasions d’étendre le réseau international de contacts de l’AIIC, de renforcer la relation de l’AIIC avec le CII et, en collaboration, de cerner les programmes dont le Canada pourrait prendre la direction. « Créer des alliances, tout est là. Et je trouve qu’il existe un bon équilibre entre ce que nous donnons au CII en tant que membre et ce que nous en recevons en retour. »

Le dernier jour du congrès, le directeur général élu de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a réitéré par Skype son engagement à collaborer avec le CII pour inclure le personnel infirmier dans le processus d’élaboration des politiques et à intégrer une infirmière ou un infirmier chevronné à son équipe.

Le CII a salué les services de Judith Shamian, dont les quatre années de présidence tirent à leur fin. Mme Shellian a remis un message personnel du premier ministre Justin Trudeau à Mme Shamian, où il salue son leadership et la contribution du Canada au travail du CII.

À la réunion du CRN, Lisa Little, une Canadienne, a été élue au conseil d’administration du CII, et Annette Kennedy, une Irlandaise, est devenue la nouvelle présidente du CII.

Le congrès de 2019 aura lieu à Singapour.


Questions et réponses avec Judith Shamian, ancienne présidente du CII

En mai, alors que Judith Shamian s’apprêtait à quitter la présidence du CII, infirmière canadienne l’a invitée à revenir sur son mandat de quatre ans et sur son expérience à la tête d’une organisation internationale.

Quels ont été vos plus grands défis comme présidente?

Le plus grand défi a été de sensibiliser le personnel infirmier, entre autres, au rôle que peut et devrait jouer le CII dans le renforcement de la santé mondiale et de la contribution possible de la profession infirmière à la santé des gens. Accroître la portée des politiques sur les scènes locale, nationale et internationale en mettant à contribution les connaissances et l’expérience des infirmières et infirmiers a aussi représenté tout un défi.

Quelles ont été vos plus grandes réalisations?

Les plus grandes réalisations portent sur plusieurs fronts : pendant ma présidence, le conseil d’administration du CII a beaucoup plus dialogué avec nos quelque 130 associations nationales d’infirmières (ANI). Nous avons également pu soutenir beaucoup de nos ANI en défendant, auprès du gouvernement, les meilleures politiques. Enfin, nous avons tissé de nouvelles relations avec des organisations mondiales comme la Banque mondiale et l’ONU. Le fait que nous siégions à la Commission de haut niveau sur l’Emploi en Santé et la Croissance économique des Nations-Unies pour faire entendre la voix des professions de la santé témoigne de la place que l’on accorde à la profession infirmière et au CII.

En quoi le CII a-t-il changé?

Le CII est une entité organisationnelle qui a subi une profonde restructuration et modernisation pour refléter les innovations du 21e siècle en matière de communications, de systèmes et de rendement. Le conseil d’administration s’est acquitté de son rôle de leadership pendant mon mandat. Le CII devient de plus en plus l’organisation vers laquelle se tournent les autres organisations mondiales.

Que vous a appris cette expérience de leadership sur la scène internationale? Quels aspects de votre rôle vous ont surprise?

Cette expérience a renforcé pour moi l’importance de tisser des liens, de rencontrer les gens en personne et d’être avec eux et les organisations dans leur milieu pour mieux comprendre leur vécu, qui me semble essentiel. Ça a été fascinant de voir que le terme infirmière, utilisé dans tous les pays, a tant de significations différentes. Je demeure surprise et préoccupée par le peu de participation du personnel infirmier à l’élaboration des politiques et son peu d’influence sur la transformation de la santé et des systèmes de soins de santé.

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