Technologies électroniques de la santé : les avantages augmentent avec l’usage

Juillet / Août 2017   Commentaires

Selon de nouvelles recherches sur le personnel infirmier et les technologies de santé numériques – utilisation, accès et compréhension – il y a eu des progrès ces trois dernières années, mais il reste du travail à faire.

Inforoute Santé du Canada, l’AIIC et l’Association canadienne de l’informatique infirmière (ACII) ont publié mi-mai les résultats du Sondage national des infirmières et infirmiers du Canada 2017 : Utilisation des technologies de santé numériques au travail. Ce sondage, qui cerne les progrès réalisés, fait suite à une enquête similaire menée par l’AIIC et Inforoute en 2014.

Du 6 janvier au 19 mars, plus de 2 050 infirmières et infirmiers canadiens ont répondu au questionnaire en ligne, facultatif. Sur ce nombre, environ 1 340 fournissent des soins directs. Environics Research a pondéré statistiquement les résultats pour qu’ils correspondent aux données sur le personnel infirmier réglementé pour 2015 de l’Institut canadien d’information sur la santé.

« Il est encourageant de voir que, depuis 2014, les infirmières et infirmiers canadiens sont à même de constater que les avantages qu’ils retirent des outils électroniques augmentent avec les années d’utilisation », a déclaré Susan Sepa, directrice générale, Leadership clinique et gestion du changement, chez Inforoute Santé du Canada.

Dans l’ensemble, plus de répondants travaillant en soins directs estiment que la qualité des soins qu’ils fournissent s’est améliorée ou s’est beaucoup améliorée depuis l’adoption des dossiers électroniques (DSE) (56 %, comparé à 46 % en 2014). Dans son analyse des résultats, Environics Research a indiqué que le personnel infirmier qui utilise seulement des systèmes électroniques était plus susceptible de rapporter une amélioration des soins aux patients (64 %) que ceux qui utilisent une combinaison des systèmes papier et électronique (54 %). Ceux qui utilisaient les systèmes électroniques depuis moins d’un an étaient moins susceptibles de trouver que la qualité des soins qu’ils fournissent est meilleure ou bien meilleure qu’avant l’adoption des DSE.

En outre, plus de répondants ont déclaré que leur productivité a augmenté ou beaucoup augmenté depuis l’adoption (50 %, comparé à 38 % en 2014). Ceux qui utilisent uniquement des systèmes électroniques sont plus susceptibles de rapporter une hausse (55 %) que ceux qui utilisent une combinaison de systèmes (47 %). « Encore une fois, les infirmières et infirmiers qui utilisent un système électronique depuis peu (moins d’un an) sont plus susceptibles de croire que leur productivité s’est détériorée depuis l’adoption des DSE, lit-on dans le rapport. Cette situation donne à penser que ces répondants sont encore en apprentissage, ce qui peut les amener à avoir, à court terme, une perception négative de l’impact des DSE sur la qualité des soins, d’ici à ce qu’ils en perçoivent tous les avantages. »

Si elle s’est réjouie de la nouvelle, la présidente de l’AIIC, Barb Shellian, s’est inquiétée que le sondage de 2017 montre que le personnel infirmier de soins directs estime encore ne pas être consulté sur les technologies avant leur déploiement.

Au total, 42 % du personnel infirmier de soins directs a rapporté être consulté un peu, assez ou beaucoup, soit le même pourcentage qu’en 2014. Cependant, 44 % ont déclaré ne pas avoir été consultés du tout en 2017, une amélioration par rapport à 2014 (58 %). Environics a ventilé ces résultats pour montrer que plus de répondants occupant des fonctions de supervision, comparé à leurs collègues en soins directs, disaient avoir été consultés pour la conception et le déploiement globaux des systèmes et avoir pu formuler des commentaires sur leur utilisation.

« Afin d’améliorer encore plus les soins, [l’AIIC va] continuer d’encourager la participation accrue des infirmières et infirmiers dans la conception et le déploiement des systèmes de santé numériques, ce qui, à notre avis, devrait constituer une pratique courante dans la prestation de soins coordonnés en équipe », avance Mme Shellian.

L’un des obstacles à la réussite des technologies électroniques de santé est le fait que la majorité des répondants continue à utiliser une combinaison d’instruments papier et électronique, comme le révèle le sondage, croit la présidente de l’ACII, Peggy White.

Si les répondants deviennent un peu plus nombreux à utiliser des systèmes électroniques (23 %, comparé à 20 % en 2014), une majorité constante (55 %, en baisse, par rapport à 56 %) utilise une combinaison d’instruments. Selon Environics, l’utilisation des seuls systèmes électroniques est plus fréquente en milieu communautaire (34 %) qu’en milieu hospitalier.

« Les sessions multiples continuent d’être un point préoccupant », souligne Mme White. Si 22 % des répondants qui utilisent des DSE peuvent accéder les systèmes en ouvrant une seule session, 52 % disent devoir ouvrir deux sessions, 29 % trois sessions, et 11 % 4 sessions ou plus. « À l’ACII, nous savons qu’il est énervant et inutilement long de devoir ouvrir une multitude de sessions pour accéder à de l’information sur les soins aux patients », tranche-t-elle.

« Ensemble avec nos partenaires, l’AIIC et l’ACII, nous planifions des ateliers réunissant des infirmières et infirmiers ainsi que des leaders infirmiers de tout le pays et de tous les milieux de pratique pour discuter des conclusions du sondage, a confié Mme Sepa à infirmière canadienne. Lorsque nous aurons une idée plus claire de ce que pensent les infirmières et infirmiers du Canda, nous serons plus à même de réfléchir aux incidences sur les politiques et de fixer des priorités. »

Le rapport se trouve sur cna-aiic.ca/SanteNumerique.

Virginia St-Denis

Virginia St-Denis est éditrice en chef d’infirmière canadienne.

comments powered by Disqus