Brièvement

Mai-Juin 2017   Commentaires

Toxicomanie au vestiaire

Dans la sagesse populaire, le sport et l’activité physique sont souvent gages de bonne santé mentale. Des chercheurs de l’Université de l’Alberta et d’une université du Pays de Galles ont néanmoins montré que la culture des sports de haut niveau pourrait accroître le risque de toxicomanie pour certains athlètes vulnérabilisés par d’autres facteurs. Pour une étude publiée dans Psychology of Sport and Exercise, ils ont interviewé 21 personnes devenues toxicomanes et traitées par la suite. Beaucoup des participants avaient fait des sports d’élite. L’équipe de recherche a découvert que l’usage de drogues et d’alcool était accepté et normalisé d’un point de vue social dans le milieu sportif et que la présence de modèles de comportements ne réduisait pas beaucoup la consommation – il n’y a qu’à penser aux vestiaires remplis de bière et à la Coupe Stanley débordant de champagne. Les chercheurs ont été surpris par la facilité avec laquelle les jeunes qui font du sport peuvent accéder à des drogues et de l’alcool. L’un des traits que l’on retrouvait chez beaucoup des participants à l’étude était l’hypercompétitivité, qui se manifestait par une consommation abondante de drogue et d’alcool et la toxicomanie. Certains athlètes voulaient être les meilleurs en tout, même si ça signifiait les meilleurs héroïnomanes.


Pédaler vers la santé aux soins intensifs

Faire très tôt de la bicyclette pendant un séjour en soins intensifs aiderait certains patients à récupérer plus rapidement. Ceux qui survivent à leur hospitalisation en soins intensifs sont fortement à risque de faiblesse musculaire et d’invalidité. Les muscles commencent à s’atrophier et s’affaiblir après seulement quelques jours. La bicyclette fait travailler les jambes, en particulier les muscles fléchisseurs de la hanche, qui sont particulièrement touchés chez les personnes alitées.

Une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université McMaster et de St. Joseph’s Healthcare Hamilton a montré que les physiothérapeutes peuvent commencer les séances de cyclisme au lit pour les patients gravement malades. Leur étude, publiée dans PLOS ONE, portait sur 33 adultes sous assistance respiratoire en soins intensifs qui marchaient seuls avant leur admission. Ces patients ont fait 30 minutes de vélo par jour, sur une bicyclette stationnaire motorisée installée sur leur lit. Ils ont parcouru en moyenne neuf kilomètres pendant leur séjour en soins intensifs, un résultat qui a surpris même les chercheurs. Des recherches complémentaires seront nécessaires pour déterminer si pédaler dans leur lit permettra à des patients gravement malades de rentrer chez eux plus vite et avec plus de forces.


Nausées pendant la grossesse : une vieille étude soulève de nouvelles questions

Une étude inédite remet en question l’efficacité du médicament le plus fréquemment prescrit pour les nausées pendant la grossesse. Merrell-National Laboratories, une compagnie qui n’existe plus, a fait un essai clinique dans les années 1970 pour déterminer si l’association pyridoxine‑doxylamine (le Diclectin au Canada) pouvait soulager les nausées pendant le premier trimestre de la grossesse. Santé Canada et la Food and Drug Administration aux États-Unis se sont appuyés sur cet essai pour approuver le médicament. L’association pyridoxine-doxylamine a été prescrite à 33 millions de femmes dans le monde et a été utilisée dans la moitié des grossesses où la mère a accouché d’un bébé vivant.

Cette étude réalisée il y a 40 ans a été publiée dans PLOS ONE dans le cadre de l’initiative RIAT (restoring invisible and abandoned trials) portant sur des études non publiées ou mal interprétées et visant à déterminer la valeur réelle d’un traitement. Selon les deux médecins qui ont présenté l’étude, l’essai ne devrait pas être utilisé comme preuve de l’efficacement du médicament, car le risque de biais des résultats est élevé. L’une des raisons citées est le fait que de nombreuses participantes n’ont pas fini l’essai, bien qu’il n’ait duré qu’une semaine.


Une raison de plus d’apprendre la musique

Apprendre à jouer d’un instrument de musique pourrait aider les gens à réagir plus vite, selon une nouvelle étude de l’Université de Montréal. Publiée dans Brain and Cognition, l’étude montre que les musiciens réagissent plus vite que les autres aux stimuli sensoriels. Les chercheurs ont comparé les temps de réaction de 16 musiciens ayant tous plus de sept années de formation musicale et 19 non-musiciens. Les participants étaient assis avec une main sur la souris d’un ordinateur et l’index de l’autre main sur une petite boîte qui vibrait par intermittence. Ils devaient cliquer sur la souris quand ils entendaient un son (un bruit blanc soudain) dans les haut-parleurs devant eux, quand la boîte vibrait, ou les deux. Chacune de ces trois simulations – auditive, tactile et audiotactile – a été reproduite 180 fois. Les musiciens réagissaient nettement plus vite que les autres pour les trois types de stimulation. Avec l’âge, les gens réagissent moins vite, mais selon le chercheur principal, jouer d’un instrument pourrait aider à compenser.


Deux médicaments combinés : sale temps pour les tumeurs!

La combinaison prometteuse de deux immunothérapies assène un double coup aux tumeurs cérébrales cancéreuses au cerveau chez des souris, rapporte une étude publiée dans Nature Communications. Une équipe dirigée par des chercheurs du Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario a montré qu’une combinaison de deux médicaments connus sous les noms de mimétiques de SMAC et d’inhibiteurs de points de contrôle immunitaires augmente le taux d’élimination de cellules cancéreuses en laboratoire. L’équipe a par ailleurs découvert que la combinaison favorise une immunité à long terme contre les tumeurs de type glioblastome, en plus d’être très efficace contre le cancer du sein et le myélome multiple.

Ces recherches nous font mieux comprendre le mécanisme derrière l’effet combiné d’amélioration de la réponse immunitaire et d’affaiblissement des cellules cancéreuses face aux attaques immunitaires, affirme le chercheur principal. L’un des autres chercheurs ajoute que deux laboratoires pharmaceutiques ont commencé des essais cliniques sur des humains pour déterminer l’impact de cette combinaison de médicaments sur des patients atteints de divers cancers.

comments powered by Disqus