Soins aux aînés : croissance insuffisante de l’effectif infirmier pour répondre à la demande?

Mai-Juin 2017   Commentaires

Avec le vieillissement de la population canadienne, on s’attend à ce que la demande de services infirmiers aux aînés augmente plus rapidement que l’offre de personnel infirmier réglementé. C’est du moins ce que dit un rapport récent du Conference Board du Canada co-commandité par l’AIIC.

En effet, le vice-président des politiques publiques au Conference Board du Canada, Louis Thériault, estime que le vieillissement de la population canadienne causera une augmentation majeure de la demande pour les soins continus, dont les services fournis par des infirmières et infirmiers réglementés sont une composante importante.

Les infirmières et infirmiers autorisés, praticiens, auxiliaires autorisés et psychiatriques autorisés, qui fournissent des soins actifs, palliatifs, de longue durée et de réadaptation, ont un rôle de premier plan dans les soins et le soutien aux aînés. Ils fournissent également de nombreux autres services et soutiens, comme la gestion de cas, la coordination des soins, la supervision, l’information et l’administration au sein du spectre des soins continus.

Le rapport L’avenir des soins aux aînés canadiens : l’offre et la demande en personnel infirmier propose une estimation de ce que pourrait devenir la demande de soins continus, compte tenu du vieillissement de la population. Actuellement, plus de 1,4 million d’aînés canadiens obtiennent du soutien, payant et gratuit, pour des soins continus. Selon les prédictions du Conference Board, ce chiffre pourrait augmenter de 71 % d’ici 2026. Les récentes ententes fédérales-provinciales pour l’expansion des services de soins à domicile et dans la communauté et pour la mise en place des stratégies en matière de démence et de soins palliatifs sont au nombre des facteurs qui font augmenter le besoin de services infirmiers.

Dans l’hypothèse d’un statu quo, la demande globale de soins infirmiers pour les soins continus aux aînés à domicile, dans la communauté et en établissement devrait continuer d’augmenter, passant d’environ 64 000 emplois à longueur d’année (à temps complet ou partiel et occasionnel) en 2011 à plus de 142 000 emplois à longueur d’année d’ici 2035. C’est un taux de croissance annuelle de 3,4 %. Par comparaison, l’effectif infirmier réglementé avait, collectivement, un taux de croissance annuelle de 2 % entre 2010 et 2015.

Selon M. Thériault, il sera essentiel pour le Canada de répondre à la demande de personnel infirmier s’il veut satisfaire les besoins de ses aînés en matière de soins.

Il faudra entre autres se pencher sur divers problèmes qui influencent l’effectif infirmier disponible, dont la charge de travail, l’isolement, l’écart salarial entre les soins à domicile et ceux en établissement, ainsi que la sécurité.

Le rapport souligne la nécessité d’avoir plus d’études et de données sur l’effectif infirmier en soins continus, pour orienter la planification, la réglementation et la gestion de la réforme des systèmes de soins de santé communautaires et à domicile et l’élaboration de politiques dans ces domaines.

On a besoin de données de références « pour tenter d’améliorer le recrutement et le maintien en poste du personnel infirmier en soins continus, l’enseignement et la formation en gérontologie et l’utilisation de la technologie et de modèles novateurs de prestation de soins », estime Barb Shellian, présidente de l’AIIC.

Comme expliqué dans le sommaire exécutif du rapport de 60 pages :

Les modèles de prestation de soins influant sur les décisions en matière de composition du personnel, il est important de comprendre les relations entre les organisations, leurs approches respectives de la prestation des soins et la composition du personnel qui en résulte. Avec le passage des soins actifs à des soins prodigués dans la communauté, avec les nouveaux modèles de prestation de services et avec de nouvelles initiatives comme la stratégie nationale en matière de démence, il sera important de comprendre les impacts connexes sur l’effectif infirmier.

En partenariat avec le Collège des médecins de famille du Canada et l’Association canadienne de soins et services à domicile, l’AIIC insiste sur la nécessité de renforcer les compétences professionnelles et le leadership des fournisseurs de soins de santé réglementés en mettant sur pied des normes pour leur formation et leur pratique dans Un plan national pour de meilleurs soins à domicile.

« Pour que notre pays surmonte ces obstacles, l’optimisation du champ d’exercice de la profession infirmière doit devenir une priorité nationale », selon Mme Shellian.

Le rapport du Conference Board fait partie de la série Future Care for Canadian Seniors élaborée par la Canadian Alliance for Sustainable Health Care.

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