Brièvement

Mars-Avril 2017   Commentaires

La dégénérescence maculaire liée à l’âge : un problème viscéral

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de cécité irréversible dans les pays industrialisés. La revue EMBO Molecular Medicine rapporte qu’une équipe de recherche de Montréal a découvert que nos bactéries intestinales pourraient jouer un rôle important dans l’apparition d’une forme tardive de la maladie appelée DMLA humide. Puisque les traitements actuellement disponibles perdent leur efficacité avec le temps, il importe de trouver de nouvelles façons de prévenir cette maladie invalidante.

En travaillant sur des souris, les chercheurs ont découvert que des changements dans les communautés bactériennes intestinales, ceux associés à un régime riche en gras par exemple, peuvent causer une inflammation de faible intensité à long terme dans tout le corps et favoriser par la suite la DMLA humide. L’une de leurs expériences consistait à injecter des matières fécales de souris recevant une alimentation à teneur normale en gras à des souris soumises à un régime riche en matières grasses. La progression de la DMLA humide a considérablement ralenti. Les chercheurs croient donc possible de diminuer le risque de DMLA en agissant, par un régime alimentaire ou d’autres moyens, sur les types de microbes qui vivent dans l’intestin.


Un nouvel instrument pour dompter les allergies alimentaires

Des chercheurs de l’Université de la Saskatchewan ont conçu une technique d’immunothérapie qui élimine pratiquement les réactions allergiques aux arachides et aux protéines du blanc d’œuf chez des souris allergiques. Les allergies alimentaires sont un problème de santé publique grandissant au Canada. Selon les estimations de l’Institut canadien d’information sur la santé, 171 000 Canadiens seraient allés aux urgences pour des réactions allergiques de 2013 à 2014, et les réactions sont de plus en plus fortes.

Publiée dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, la découverte consiste à produire un type de cellule immunitaire naturellement présent dans l’organisme et qui envoie un signal pour inverser la réponse hyperimmune présente dans les réactions allergiques. Ce signal inhibe les cellules réactives un peu plus loin dans la réaction allergique. Le traitement a réduit les symptômes d’anaphylaxie observés et, dans certains cas, a fait baisser les autres marqueurs protéiques de la réaction allergique de 90 %.

Avec l’accord de Santé Canada, les premiers essais sur des humains pourraient commencer dans environ un an, et d’après les chercheurs, le traitement pourrait être sur le marché d’ici 5 à 10 ans. La nouvelle technique est également prometteuse pour le traitement de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques.


Rétablir la communication dans le cerveau en début d’alzheimer

Une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique a trouvé un moyen de rétablir partiellement la communication cellulaire autour des zones du cerveau endommagées par les plaques amyloïdes (Aß) qui se forment avec la maladie d’Alzheimer. En travaillant sur des souris, les chercheurs ont constaté que le glutamate, une molécule de signalisation, s’accumule autour de ces plaques sans que les cellules du cerveau puissent l’enlever. Dans ce milieu riche en glutamate, la communication entre les cellules du cerveau est altérée ou perturbée, ce qui entraîne leur mort quand la maladie est avancée. L’équipe a découvert comment ramener le glutamate à un niveau normal à l’aide du ceftriaxone, un antibiotique utilisé pour traiter les infections bactériennes. Ils ont pu ainsi largement rétablir l’activité cellulaire cérébrale.

Selon l’auteur principal, cette découverte, publiée dans Nature Communications, est très intéressante parce que le dysfonctionnement dans la communication cellulaire se produit très tôt dans la maladie, avant que les troubles de la mémoire ne soient perceptibles. Elle ouvre donc des possibilités pour une stratégie d’intervention susceptible de prévenir ou de retarder la perte de cellules cérébrales et de mémoire chez les patients aux débuts de la maladie d’Alzheimer.


Le secret d’une vie sexuelle heureuse

Le secret d’une satisfaction sexuelle durable dans une relation à long terme est de partir du principe que le succès demande de gros efforts, au lieu de s’imaginer que la satisfaction sexuelle vient tout naturellement avec l’âme sœur, selon une étude dirigée par une chercheuse de l’Université de Toronto. Son équipe a étudié deux croyances : l’une selon laquelle maintenir la satisfaction sexuelle au fil du temps demande des efforts, et l’autre selon laquelle on parvient à la satisfaction sexuelle en trouvant un partenaire compatible (une question de destin, donc). La chercheuse principale a observé que les personnes du premier groupe croient pouvoir travailler sur leurs problèmes sexuels sans trouver leur relation moins satisfaisante pour autant. Pour les personnes du second groupe, par contre, la vie sexuelle est un baromètre de la relation, et des problèmes au lit sont indicatifs de problèmes dans l’ensemble de la relation.

Publiés dans le Journal of Personality and Social Psychology, ces résultats reposent sur des recherches menées auprès de 1 900 participants en couple, hétérosexuel ou homosexuel. Ils montrent combien il est important que les conseillers et les cliniciens sensibilisent les gens au fait que les problèmes au lit sont normaux et qu’ils ne sont pas forcément synonymes de problèmes de couple.


Commotions cérébrales : un test qui pourrait tout changer

Il est souvent difficile de déterminer si une commotion cérébrale est significative sur le plan clinique, car le diagnostic repose généralement sur l’évaluation des symptômes et l’opinion du clinicien. Selon une étude publiée dans Metabolomics, des chercheurs de l’Université Western et du Lawson Health Research Institute ont montré que l’on peut maintenant diagnostiquer les commotions cérébrales chez les athlètes adolescents avec plus de 90 % de certitude au moyen d’un test sanguin relativement abordable qui utilise une technique appelée la métabolomique.

D’autres chercheurs ont tenté, sans succès, de trouver un marqueur de protéine très précis pour détecter une commotion cérébrale chez les patients adolescents. Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont mesuré un ensemble de 174 métabolites – petites molécules produites par le métabolisme du corps – dans le sang de jeunes hockeyeurs de sexe masculin pour voir s’ils trouvaient des schémas différents indiquant une commotion cérébrale. Ils ont découvert, chez les athlètes qui avaient subi une commotion, un ensemble de métabolites très différents de chez ceux qui n’en avaient pas subi. En affinant les procédés, les chercheurs sont arrivés à préserver l’exactitude du test en ne mesurant que de 20 à 40 métabolites. Les cliniciens pourront, croient-ils, utiliser ce test pour prédire les conséquences des commotions et préparer le plan de réadaptation.

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