Prochaine étape pour les associations professionnelles de C.-B. : la fusion

janvier - février 2018   Commentaires

En mai prochain, quatre associations représentant les infirmières et infirmiers praticiens, autorisés, auxiliaires autorisés et psychiatriques autorisés regrouperont leurs forces pour former Nurses and Nurse Practitioners of BC (NNPBC). Cette fusion, qui est en phase avec l’évolution actuelle dans le sens d’une collaboration et d’une unité accrues au sein de la profession, découle d’un ensemble de changements législatifs qui, depuis 2003, ont profondément influencé la défense des droits de la profession infirmière dans la province.

En 2003, des modifications à la Health Professions Act de C.-B. ont créé un cadre de réglementation commun pour toutes les professions de la santé. Elles ont aussi conduit à la création, en 2005, d’un organisme de réglementation distinct, le College of Registered Nurses of BC (CRNBC), et à la disparition de la Registered Nurses Association of BC (RNABC), qui s’occupait à la fois de réglementation et de défense des droits.

Ayant pour seul mandat la protection du public, le CRNBC a dû cesser de défendre les droits de la profession. Comme le rappelle Sally Thorne, membre fondatrice de l’Association of Registered Nurses of BC (ARNBC), « la majorité des infirmières et infirmiers n’ont tout simplement pas réalisé que l’organe qui défendait les droits de la profession, un aspect si important du travail de la RNABC, avait disparu ». Il a fallu attendre cinq ans avant qu’un mouvement infirmier trouve un nouvel organe de défense avec la formation de l’ARNBC et encore deux ans pour que celle-ci devienne membre de l’AIIC.

Cet abandon du rôle de défense a créé des difficultés pour le personnel infirmier dans le domaine de la législation sur l’élargissement du rôle infirmier. Andrea Burton, directrice des programmes et des relations avec les intervenants à l’ARNBC, explique que les difficultés récurrentes de l’intégration des infirmières et infirmiers praticiens (initiée en 2005 en C.-B.) et la lenteur des réformes législatives pour les infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés et psychiatriques autorisés ont continué d’exercer une forte pression sur le système de santé et ont conduit au renforcement de certaines des hiérarchies qui existaient au sein de la profession depuis des décennies ». Chacune des désignations professionnelles plaidait dans son coin, sans beaucoup de contact ou de collaboration, pour des modifications des politiques et du système de santé.

En 2013, une coalition rassemblant les quatre désignations professionnelles a commencé à prendre forme dans la province. Une fois par mois, des représentants élus de chacune des désignations se réunissaient, en compagnie d’infirmières et infirmiers enseignants, pour discuter des enjeux de la profession et élaborer des résolutions et des stratégies pour commencer à défendre les intérêts de l’ensemble de la profession. Le travail de la coalition a presque immédiatement attiré l’attention du gouvernement et des intervenants, qui entendaient une voix puissante et unie de la profession s’exprimant sur des enjeux de politiques pressants.

Si la coalition a réuni les quatre désignations infirmières autour d’enjeux communs, la vision d’une voix unique pour tout ce qui se rapporte à la profession ne s’est pas encore concrétisée, et ce, même si depuis 2016, sous le nom de BC Coalition of Nursing Associations (BCCNA), elle a le plein appui du gouvernement, des régies de la santé et des ordres professionnels. Cette vision aboutira enfin ce printemps, lorsque la nouvelle association d’infirmières et infirmiers (NNPBC) deviendra officielle.

En s’appuyant sur des consultations menées dans toute la province à partir de l’automne, la nouvelle organisation se concentrera sur les grands principes qu’ont demandés les infirmières et les infirmiers. L’un de ces principes est le maintien de la voix professionnelle de chacune de leurs désignations. La structure de gouvernance de NNPBC témoigne de la détermination à faire en sorte que chacune des désignations infirmières puisse faire avancer ses dossiers et intérêts. Chaque désignation élira son propre conseil, qui continuera à soutenir ses membres et à défendre leurs droits en tenant compte de leurs inquiétudes, idées et pratique professionnelle. Chacun de ces conseils nommera deux membres élus au conseil d’administration de NNPBC. Y siégeront aussi des représentants des soins infirmiers autochtones, des étudiants en sciences infirmières, des écoles de sciences infirmières et du public. « Cette structure ne s’est pas créée en un jour, concède Mme Thorne, mais nous sommes convaincus qu’elle fera progresser la profession infirmière et améliorera tant le système de santé que la santé de nos patients. »

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