Brièvement

mars - avril 2018   Commentaires

La résistance aux antibiotiques : un problème mondial

Publiées pour la première fois par l’Organisation mondiale de la Santé, les données de surveillance de l’antibiorésistance révèlent des niveaux élevés de résistance aux médicaments chez 500 000 personnes présentant des infections bactériennes présumées dans 22 pays à revenu élevé ou faible. Les bactéries résistantes les plus souvent signalées, d’après le rapport du Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens de l’OMS sont Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus aureus et Streptococcus pneumoniae, suivies de Salmonella spp. Le rapport ne contient pas de données sur la résistance aux médicaments de Mycobacterium tuberculosis, qui cause la tuberculose, car l’OMS en fait le suivi séparément.

Parmi les patients présentant une infection du sang présumée, entre 0 % et 82 % présentaient des bactéries résistant à au moins un des antibiotiques les plus couramment utilisés. La résistance à la pénicilline, utilisée pendant des décennies à travers le monde pour traiter la pneumonie, allait de 0 % à 51 % dans les pays ayant fourni des données. Entre 8 % et 65 % des E. coli associés aux infections urinaires étaient résistants à la ciproflaxine, un antibiotique communément utilisé pour traiter ces infections. L’OMS encourage tous les pays à mettre en place de bons systèmes de surveillance pour détecter la résistance aux médicaments et fournir des données à son système mondial.


Plus grandes dépenses sociales, population en meilleure santé

Il semblerait logique que dépenser plus pour les soins de santé soit la meilleure façon d’améliorer la santé, mais d’après une étude publiée dans CMAJ, ce n’est pas le cas : il est beaucoup plus efficace de financer davantage les services sociaux. Les auteurs de l’étude, de l’Université de Calgary, ont étudié des données recueillies dans neuf provinces canadiennes de 1981 à 2011 pour voir s’il existait un lien entre les dépenses en santé et en services sociaux et l’état de santé de la population. Ils ont trouvé qu’avec une augmentation des dépenses sociales d’un cent par dollar dépensé pour les soins de santé, on obtenait de meilleurs résultats pour la santé à l’échelle de la population, au chapitre de la mortalité évitable et d’une espérance de vie accrue.

Travailler sur les déterminants sociaux de la santé, comme le revenu, la scolarité ou l’environnement social ou matériel, en investissant dans les services sociaux peut aider à s’attaquer aux causes profondes des problèmes de santé. Néanmoins, les dépenses en santé continuent de mobiliser la part du lion des ressources gouvernementales. Redistribuer les deniers publics pour qu’ils aillent davantage aux services sociaux qu’à la santé, sans pour autant dépenser plus, est un moyen efficace d’améliorer les résultats pour la santé.


Un vaccin antivariolique synthétique plus sûr

Des chercheurs de l’Université de l’Alberta ont créé un virus synthétique qui pourrait conduire à un vaccin antivariolique plus sûr. Selon une étude publiée dans PLOS ONE, l’équipe a reconstruit synthétiquement un virus infectieux de la variole équine avec une séquence de génome et des fragments d’ADN entièrement fabriqués chimiquement. Ils ont ensuite montré que ce virus synthétique pouvait apporter une protection vaccinale chez des souris.

À ce jour, le virus synthétisé par les chercheurs est le plus gros virus assemblé au moyen d’ADN synthétisé chimiquement. Le virus de la variole équine est très proche du virus de la vaccine qui a été utilisé comme vaccin, il y a 40 ans, pour éradiquer la forme humaine de la variole. Cette dernière, même s’il n’y a eu aucun cas naturel depuis 1977, continue d’inquiéter les agences de santé publique. Il est indispensable de trouver une façon plus sûre de protéger les gens de cette maladie : la plupart des vaccins antivarioliques modernes étant toxiques, le Canada et les États-Unis ont cessé les immunisations massives. Les chercheurs pensent que leurs méthodes aideront à produire la prochaine génération de vaccins et sont un outil prometteur pour la construction des virus synthétiques compliqués dont on aura probablement besoin pour traiter le cancer.


Prévention du cancer : les huiles de poisson meilleures que l’huile de lin

Les acides gras oméga-3 venant du poisson protègent mieux du cancer que ceux présents dans l’huile de lin et autres huiles végétales, d’après une étude effectuée par une équipe à l’Université de Guelph. Les chercheurs rapportent dans le Journal of Nutritional Biochemistry que les oméga-3 d’origine marine sont huit fois plus efficaces pour inhiber l’apparition et la croissance des tumeurs que ceux d’origine végétale. Pour leur étude, ils ont fait ingérer différents types d’oméga-3 à des souris atteintes d’une forme agressive de cancer du sein humain. L’exposition des souris à des oméga-3 provenant de poisson réduisait la taille des tumeurs de 60 à 70 %, et leur nombre de 30 %. Il fallait des doses plus élevées d’oméga-3 d’origine végétale pour obtenir le même résultat.

Selon le chercheur principal, les humains devraient consommer deux à trois portions de poisson par semaine s’ils veulent obtenir l’effet produit par les doses données pour l’étude. Des suppléments et des aliments fortifiés, comme les œufs enrichis aux oméga-3, peuvent offrir une protection similaire contre le cancer, ajoute-t-il.


Élucidation des raisons pour lesquelles nos cellules stockent de la graisse

Outre la production de vitamine D, nous pourrions avoir une nouvelle raison de lézarder un peu au soleil. Une étude réalisée par des chercheurs majoritairement de l’Université de l’Alberta a montré que les cellules adipeuses qui se trouvent juste en dessous de notre peau rétrécissent quand elles sont exposées à la lumière bleue du soleil, celle que voit notre œil. Lorsque les longueurs d’onde de cette lumière pénètrent notre peau et atteignent les cellules adipeuses sous-cutanées, les gouttelettes lipidiques contenues dans les cellules rétrécissent et sont libérées. Autrement dit, nos cellules stockent moins de graisse.

L’équipe de recherche a fait cette découverte, publiée dans Scientific Reports, alors qu’elle cherchait comment modifier biologiquement des cellules adipeuses pour qu’elles produisent de l’insuline lorsqu’exposées à la lumière, pour aider les personnes atteintes de diabète de type 1. Le chercheur principal rappelle que cette observation est préliminaire, et que s’exposer délibérément au soleil n’est pas une façon sûre et recommandée de perdre du poids. Néanmoins, note-t-il, cette découverte surprenante ouvre de nouvelles pistes de recherche scientifique et pourrait mener un jour au traitement de l’obésité et d’autres problèmes de santé connexes, comme le diabète par des pharmacothérapies ou des luminothérapies.


Test polygénique : meilleur prédicteur des risques de maladie cardiaque précoce

Un indice de risque basé sur des marqueurs génétiques multiples a permis de prédire cinq fois plus de cas de maladie cardiaque précoce que les tests standards pour repérer un seul marqueur génétique, lit-on dans une nouvelle étude publiée dans Circulation: Genomic and Precision Medicine. Dans de rares cas, un défaut génétique appelé hypercholestérolémie familiale (HF), qui peut être mesuré au moyen des tests génétiques actuels, explique des taux sanguins élevés de LDL (lipoprotéines de basse densité), qu’on appelle le mauvais cholestérol. Les patients atteints de HF ont un risque accru de maladie cardiaque précoce. Or, les tests actuels sont inadéquats, car beaucoup de patients à haut risque ne souffrent pas de HF.

Des chercheurs d’Hamilton et de Québec ont mis au point leur indice de risque sur la base de 182 marqueurs génétiques associés aux maladies cardiaques. Ils ont ensuite comparé les résultats de 126 participants atteints de maladie cardiaque précoce (30 dans leur clinique et 96 dans une étude d’envergure au R.-U.) et ceux de 111 283 participants sains de la même étude britannique. L’augmentation du risque génétique qu’ils ont observée avec leur test polygénique, comparée au résultat obtenu avec un test monogénique pour détecter l’HF, était indépendante des autres facteurs de risque connus, ce qui porte à croire que leur test pourrait être utile, d’un point de vue clinique, pour évaluer le risque et adapter la prise en charge.

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