Peu s’inscrivent à l’assurance-médicaments, révèle un rapport

mars - avril 2018   Commentaires

Plus de quatre millions de Canadiens ne profitent pas des assurances-médicaments privées ou publiques auxquelles ils ont droit pour payer leurs médicaments. C’est ce que révèle un rapport publié par le Conference Board, en décembre 2017, intitulé Understanding the Gap: A Pan-Canadian Analysis of Prescription Drug Insurance Coverage (résumé en français sous le titre Comprendre les lacunes : analyse pancanadienne des régimes d’assurance-médicaments).

Selon le rapport, 34,3 millions de Canadiens sont admissibles à une forme ou une autre d’assurance-médicaments. Pourtant, malgré ce taux d’admissibilité élevé, seulement 59 % des 22,4 millions de personnes qui se qualifient pour une assurance publique s’y inscrivent. Même quand on tient compte de ceux qui utilisent une assurance privée, il reste encore 4,1 millions de personnes qui pourraient s’inscrire à une assurance publique ou privée mais ne le font pas.

Les auteurs de l’étude avancent que le fait que certains Canadiens ne s’inscrivent pas à une assurance-médicaments publique pourrait expliquer en partie pourquoi certains ne prennent pas les médicaments qui leur sont prescrits. Pour aider à la compréhension des facteurs en jeu, Nanos a réalisé un sondage national sur les comportements en matière de prise de médicaments. Il est apparu que 7 % des répondants ne prenaient pas leurs médicaments tels que prescrits. Parmi eux, plus de la moitié n’étaient pas au courant des programmes publics qui facilitent l’accès aux médicaments. Si les personnes dans ce groupe avaient dépensé en moyenne 270 $ pour des médicaments au cours des six derniers mois, moins de 7 % d’entre eux attribuaient au coût le fait qu’ils n’avaient pas pris les médicaments prescrits.


Dans son budget 2018, le gouvernement fédéral a annoncé la création d’un Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime d’assurance-médicaments national. Ce Conseil, qui sera présidé par Eric Hoskins, ancien ministre de la Santé de l’Ontario, entamera un dialogue national avec des spécialistes des secteurs concernés, en collaboration avec des dirigeants provinciaux, territoriaux et autochtones. En temps voulu, le Conseil présentera aux ministres fédéraux des Finances et de la Santé une évaluation socio-économique de divers modèles canadiens et étrangers. Ses recommandations orienteront les politiques du gouvernement pour rendre les médicaments plus abordables pour la population canadienne. Bien qu’aucune date officielle n’ait été donnée, on s’attend à ce que le travail soit terminé d’ici le printemps 2019, soit quelques mois avant la date fixée pour les prochaines élections.

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