Vos félicitations, vos inquiétudes

mars - avril 2018   Commentaires

En préparation pour l’assemblée annuelle sur la proposition de s’ouvrir à l’ensemble du personnel infirmier, l’Association consulte ses membres et ceux qui n’en font pas partie.

D’après un sondage en ligne de l’AIIC pour recueillir les réactions des infirmières et infirmiers à la proposition de s’ouvrir à l’ensemble du milieu infirmier, beaucoup pensent qu’il est grand temps que la profession soit unifiée. Cependant, certains craignent que des voix infirmières distinctes soient diluées avec le passage à une seule association.

Le 21 mars, 147 répondants avaient participé au sondage, et 92 d’entre eux s’identifiaient comme infirmières et infirmiers autorisés. Sur l’ensemble des répondants, 60 % ont indiqué être ravis ou très ravis de l’expansion proposée. Environ 5 % se disaient indifférents, et à peu près 35 %, préoccupés ou très préoccupés.

Trois préoccupations principales émergent des commentaires que les répondants étaient invités à formuler. Mike Villeneuve, directeur général, s’exprime sur chacune d’elles.


« Je vois déjà les employeurs nous mettre tous dans le même panier, et j’ai le sentiment que mon titre d’infirmière autorisée/infirmier autorisé n’est pas reconnu et respecté comme il le devrait. Je perçois comme une menace l’idée qu’“une infirmière est une infirmière”. Le fait que l’organisation nationale qui me représente évolue dans la même direction m’inquiète pour ma profession. » – Commentaire anonyme

Inquiétude : La voix distincte de chaque catégorie infirmière sera perdue.

MV : L’AIIC telle que nous l’imaginons sera comme un point d’ancrage pour les professions infirmières au Canada. Avec plus de 400 000 infirmières et infirmiers réglementés dispersés dans 13 provinces et territoires et dans des douzaines de groupes d’intérêt et d’associations d’infirmières et infirmiers spécialisés, la profession infirmière risque de devenir un assemblage fragmenté de groupes envoyant des messages décousus. Nous croyons que la profession a besoin d’une structure centrale pour réunir et connecter entre eux tous les groupes et tous les membres de la profession.

Si l’ouverture de l’AIIC à d’autres membres est adoptée à l’assemblée annuelle du 18 juin, l’AIIC entreprendra un examen de sa gouvernance pour déterminer les structures qu’il faudrait mettre en place pour répondre aux besoins tant particuliers que collectifs des différentes catégories réglementées. Ainsi, nous pourrions créer un conseil consultatif pour chaque catégorie réglementée – pour faire valoir tous les points de vue – avec en parallèle un conseil d’administration équitable, pour que tous les groupes se sentent pleinement inclus. Nous consulterons les différentes catégories de personnel infirmier sur leurs besoins et sur les meilleures façons de les soutenir. Une structure unifiée nous permettrait de nous concentrer sur chacune des catégories et de concevoir pour elle des projets et des plaidoyers sur mesure, tout en mobilisant le pouvoir que nous confèrent notre nombre et notre unité, lorsqu’une voix unie et forte est nécessaire.


« Pour moi, si l’AIIC veut accepter les IAA comme membres, c’est pour encaisser plus de cotisations, pas parce que c’est dans l’intérêt des infirmières et infirmiers autorisés à travers le pays. » – Commentaire anonyme

Inquiétude : L’expansion proposée est en fait une façon d’accroître les revenus.

MV : L’AIIC est une organisation sans but lucratif; tous les revenus sont utilisés pour soutenir notre travail visant à faire progresser la profession infirmière et la santé et pour offrir à nos membres les programmes et services qu’ils attendent de leur association professionnelle nationale. Comme toute autre organisation, l’AIIC a besoin de revenus stables pour survivre et être dynamique.

L’objet premier de l’AIIC est de faire progresser l’excellence en soins infirmiers et de favoriser des résultats positifs pour la santé dans l’intérêt du public. En créant un organisme infirmier fort et inclusif, l’AIIC disposera d’une voix plus forte pour faire entendre ses plaidoyers et davantage de ressources financières pour offrir au personnel infirmier des programmes de recherche et de formation plus représentatifs de l’univers actuel des soins infirmiers.


« Les infirmières et infirmiers autorisés risquent de disparaître dans une société où les employeurs veulent embaucher les fournisseurs de soins de santé les moins chers pour fournir des soins aux plus vulnérables… ma mère, mon père, ma sœur, mon frère et les vôtres doivent pouvoir s’attendre à mieux. » – Commentaire anonyme

Inquiétude : On donne actuellement les postes d’infirmières et infirmiers autorisés à d’autres catégories de personnel infirmier.

MV : Les Canadiens sont en droit de recevoir les bons soins (adaptés, sûrs, efficaces et satisfaisants) du bon professionnel au bon endroit et au bon moment. Soyons bien clairs : l’AIIC s’est toujours opposée à la pratique de tout employeur prêt à remplacer quelque fournisseur de soins que ce soit, juste pour économiser de l’argent, et nous continuerons de nous y opposer. Les considérations économiques influenceront toujours les décisions de politiques, mais des données probantes rigoureuses, l’expérience et le bon sens doivent également guider la prise de décisions. Nous continuerons à faire entendre ces considérations aux responsables des politiques.

Les besoins des Canadiens et Canadiennes évoluent, et les façons dont nous déployons nos effectifs infirmiers changeront également. Les emplois actuels sont différents de ceux que nous avions en 1950 et de ceux que nous aurons en 2050. Comme de nouvelles compétences seront nécessaires pour soigner les différentes populations, peut-être faudra-t-il avoir de nombreux types de fournisseurs de soins. Mais la demande de soins surpasse de beaucoup l’offre, et continuera de le faire; il y a assez de travail pour tout le monde.

Dans ses activités de défense des intérêts de la profession infirmière et de promotion de la santé, il est du devoir de l’AIIC de remettre aux gouvernements, aux employeurs et à la population des données probantes et des conseils sur les façons de déployer le bon nombre d’infirmières et infirmiers et la bonne sorte – et d’indiquer dans quelles circonstances une catégorie particulière de personnel infirmier se justifie.

Nous ne suggérons en rien que la représentation professionnelle solide des différentes catégories réglementées devrait être abolie dans les provinces et les territoires; nous parlons des façons de doter la profession d’une voix pancanadienne plus efficace et plus inclusive. L’expérience d’autres associations démontre la force d’une collaboration intraprofessionnelle poussée au sein d’une association unique. Il est ainsi possible de travailler ensemble pour faire passer les messages sur les façons dont la profession infirmière – y compris nous tous qui en faisons partie – peut contribuer à une santé meilleure, des soins meilleurs, et ce, à moindre coût pour la population.

Le rassemblement comportera-t-il des difficultés? Certainement. Pouvons-nous les surmonter? Oui. Nous le devons, et nous le ferons. Parce que c’est ce dont a besoin la population. Nous sommes bien plus forts ensemble.


Participez au sondage : cna-aiic.ca/votreavis
Pour plus d’information sur l’assemblée annuelle, consultez cna-aiic.ca/assemblee

Le directeur général pose des questions

M. Villeneuve a recueilli, sur cette question, l’avis de divers partenaires et maîtres à penser de la profession et d’infirmières et infirmiers débutants et étudiants rencontrés au fil de sa carrière. Il a demandé à chacun et chacune d’exprimer honnêtement son avis, qu’il soit pour ou contre le changement proposé.

Sue Ness, inf. aut., M. Sc. inf.
Fredericton (N.-B.)

Félicitations au conseil d’administration pour ses délibérations réfléchies, qui ont conduit à son soutien unanime à l’ouverture de l’AIIC à toutes les catégories d’infirmières et d’infirmiers réglementés. Témoin de l’évolution de la profession, je suis convaincue que l’heure de cette décision est venue. Il n’a jamais été plus important que maintenant que le personnel infirmier et la profession aient cette voix pancanadienne pour défendre ses intérêts, une voix qui continuera longtemps de se faire entendre lorsqu’il sera question des enjeux complexes qui nous concernent. Bonne chance avec votre nouvelle vision pour cette organisation forte et grandement respectée!

Glennie Aromin
Étudiante de 4e année en B. Sc. inf.
Université de l’Alberta, Edmonton

Je suis étudiante en fin d’études de sciences infirmières et bientôt infirmière autorisée, pendant toutes mes études, on n’a cessé de m’enseigner l’importance de la collaboration, pas seulement au sein de notre profession, mais aussi dans tout le système de soins de santé. Je me réjouis d’être bientôt membre d’une association qui fait le nécessaire pour encourager la cohésion entre toutes les infirmières et tous les infirmiers. Une suggestion que j’aimerais faire pour atteindre cet objectif, c’est d’étudier les possibilités d’intégrer des cours interdisciplinaires aux programmes de sciences infirmières pour les futurs infirmiers et infirmières autorisés, mais aussi pour les autres catégories de professionnels en soins infirmiers.

Barb Mildon, inf. aut., Ph.D., CHE
V.-P., Pratique, RH et recherche, Centre for Education & Organization Development, et
chef de direction, soins infirmiers, Ontario Shores Centre for Mental Health Sciences

Il est grand temps que nous invitions tous les professionnels des soins infirmiers au Canada à devenir membres de l’AIIC. Grand temps que l’AIIC soit véritablement l’association nationale de la profession infirmière pour tous les infirmiers et infirmières de notre pays, comme elle l’était à sa fondation, en 1908. Grand temps que chacune et chacun d’entre nous mette en pratique les valeurs centrales de la profession infirmière – la compassion et le respect de la dignité, la valeur et l’unicité de chacun –, non seulement dans nos soins à tous nos patients, clients et résidents, mais aussi dans nos rapports avec nos collègues. Grand temps que nous remplacions la rhétorique du protectionnisme et de la hiérarchie par la connexion, la cohésion et la communication. Grand temps que nous votions OUI!

Ann Mann, inf. aut., M. Sc. inf.
Directrice générale/registraire

College of Licensed Practical Nurses of Nova Scotia
Je suis infirmière autorisée depuis plus de 49 ans et je suis absolument ravie que l’AIIC prenne des mesures pour reconnaître pleinement la famille de la profession infirmière.

Kathleen MacMillan, Ph.D., inf. aut., FAAN
Montague (Î. P.-É.)

Ça fait longtemps que la profession et l’AIIC auraient dû le faire. Nous sommes tous infirmières et infirmiers, et nous partageons un patrimoine et notre vision pour la santé de la population, même si nous ne sommes pas toujours tout à fait d’accord sur la façon d’y parvenir. Nous disposerons ainsi d’une plateforme pour une collaboration intraprofessionnelle et un dialogue qui manquaient, en faisant clairement la distinction entre les questions syndicales et les enjeux professionnels. Nous voici devant une énième pénurie de personnel infirmier, et il est important, à ce stade, que les infirmières et les infirmiers parlent d’une seule voix aux décideurs et fassent valoir les façons dont la profession – celle qui regroupe le plus grand nombre de fournisseurs de soins de santé, sous-utilisés, qui plus est – peut aider le système à répondre aux besoins de la population pendant que nous nous préparons à surmonter les difficultés à venir.

Paisly Symenuk
Présidente et co-fondatrice, Global Association of Student and Novice Nurses

J’ai tant de chance de pouvoir interagir avec des infirmières et infirmiers du monde entier qui font leurs études ou débutent dans la profession et de représenter leurs intérêts. Quand je parle avec eux de l’avenir de la profession et comment ils l’imaginent, idéalement, ils soulignent toujours le soutien mutuel, entre domaines de pratiques, entre désignations, entre fonctions, entre pays et, ce qui nous concerne tout particulièrement, entre générations. Les chefs de file infirmiers de demain veulent que l’avenir de notre profession soit caractérisé par une voix unifiée, solidaire et représentative, qui prône l’amélioration de nos patients, de nos collectivités, de nos populations et de notre planète. Pour régler en profondeur et durablement les questions complexes actuelles dans le domaine de la santé, nous avons besoin de tout le monde, d’unité, de soutien mutuel et de respect envers l’expertise particulière de chacun : des étudiants destinés à devenir infirmières ou infirmiers autorisés comme des infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés avec 40 ans d’expérience. Le monde a besoin de nous tous.

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