mars 25, 2020
Par Barb Shellian

Non, la vie ne continue pas comme d’habitude – changement de programme et bâtiments en feu

THE CANADIAN PRESS/Justin TangUne travailleuse de la santé est assise au bureau des inscriptions pendant une visite des médias dans le Centre d’évaluation pour la COVID-19 à l’Aréna Brewer à Ottawa vendredi 13 mars 2020. Le Centre d’évaluation, géré par l’Hôpital d’Ottawa et le CHEO, est une clinique externe où les gens peuvent être évalués et testés pour la COVID-19 si nécessaire.

Nous sommes en 2020 – L’année du personnel infirmier. J’avais de grands projets, et j’en ai maintenant d’autres, différents. Avant et après la confirmation du premier cas de COVID-19 au pays fin janvier, les infirmières et les infirmiers ont travaillé dans des circonstances pour lesquelles on se prépare en espérant qu’elles ne se matérialiseront jamais. Et puis voilà : nous y sommes. Nous savons tous que ça sera long, et nous devrons doser nos efforts en fonction de cette nouvelle réalité.

Il règne un calme étrange dans les hôpitaux, en l’absence de visiteurs. Les restaurants, les commerces, les églises et les pistes de ski sont fermés. Ces dernières semaines, je ne suis allée qu’à deux endroits : au travail puis chez moi. Et tout le temps, nous avons présente à l’esprit cette idée que certains fournisseurs de soins de santé tomberont malades et que certains d’entre eux ne survivront pas. Mais nous continuons à entrer au travail, par amour pour ce que nous faisons, pour tenir la promesse que nous avons faite au public et pour faire ce que l’on nous a enseigné dans le but de sauvegarder notre sécurité et celle de nos patients.

… ça sera long, et nous devrons doser nos efforts en fonction de cette nouvelle réalité.

Ce qui est devenu de plus en plus clair dans mon esprit pendant la pandémie de COVID-19, c’est qu’il y a essentiellement deux sortes de gens : les efficaces et les hystériques. Il n’y a rien de drôle quand les hystériques viennent travailler, car ils interfèrent avec ce que les efficaces ont à faire. Mais les efficaces sont plus nombreux que les hystériques, et l’optimisme réaliste qui les anime fait avancer tout le monde.

Certains jours, quand j’ai l’impression que je n’aurai pas la force de participer à une réunion de plus au sujet de la COVID-19 pour parler du manque de ventilateurs, de notre approche pour l’évaluation préalable et le regroupement des patients, du nombre de membres du personnel soignant qui sont en auto-isolement, du manque ou non de masques, etc., j’ai besoin de respirer à fond et de regarder ce qui se passe autour de moi au travail. Et là, je me souviens combien je suis fière de faire partie de la profession infirmière. Nous sommes formés, on nous fait confiance, et le sort de nos patients nous tient à cœur; c’est pour cela que nous brillons pendant les pandémies (et le reste du temps).

Nous savons ce que nous avons à faire

Les pompiers s’entraînent pour entrer dans des bâtiments en feu, de façon sûre, avec de l’équipement qui les aidera à sauver des gens. Certains font toute leur carrière sans avoir à entrer dans un bâtiment en feu, mais ils savent comment faire. La COVID-19 est notre bâtiment en feu. Je peux vous certifier que je vois tous les jours le courage, la compassion et le savoir des infirmières et infirmiers canadiens à l’œuvre dans de nombreuses situations, alors que nous essayons de gérer le virus et que nous vivons ces moments historiques.

J’avais prévu des choses amusantes au début de 2020 pour fêter l’Année du personnel infirmier, et maintenant je fais autre chose. Mais je fête quand même notre année. Je me réjouis du fait que les infirmières et infirmiers canadiens sont préparés, résilients et tenaces dans l’adversité. Nous pouvons être polyvalents et souples pour nous adapter à la situation, qui évolue rapidement. Nous tiendrons notre promesse à la société et travaillerons en équipe.

Je ne doute pas un instant que nous nous sortirons de cette pandémie et que lorsque nous regarderons en arrière, nous dirons « Bravo, les infirmières et les infirmiers du Canada. Bravo. »

La COVID-19 est loin d’être derrière nous, et nous devons prendre soin de nous-mêmes et des membres de nos équipes. Être gentils. Savoir où se trouvent nos ressources quand nous avons besoin de parler ou de souffler. Je ne doute pas un instant que nous nous sortirons de cette pandémie et que lorsque nous regarderons en arrière, nous dirons « Bravo, les infirmières et les infirmiers du Canada. Bravo. »

Au-delà des projets et des bâtiments en feu, je ne peux imaginer meilleur endroit où me trouver pendant une pandémie qu’aux côtés de mes collègues infirmières et infirmiers, à contribuer réellement au bien public. L’Histoire se souviendra de la COVID-19 en 2020, mais le plus important, c’est que nos patients se souviendront de nous comme des infirmières et infirmiers qui savaient ce qu’il fallait faire.

Je veux profiter de cette occasion pour remercier chacune et chacun d’entre vous pour tout ce que vous faites. Vous n’hésitez pas à venir travailler, même si vous vous inquiétez pour votre famille à la maison. Vous demeurez optimistes et attentionnés en pleine pandémie, et vous êtes vraiment mes héros.

comments powered by Disqus
https://infirmiere-canadienne.com/fr/articles/issues/2020/mars-2020/non-la-vie-ne-continue-pas-comme-dhabitude-changement-de-programme-et-batiments-en-feu