mai 25, 2021
Par Kendra Korver

Apprendre au front : la résilience d’une étudiante face à la pandémie de COVID-19

istockphoto.com/asiseeitEn tant qu’étudiants, nous acquérons des bases solides en apprenant des expériences de nos instructeurs, précepteurs et pairs, mais aussi de nos propres expériences, et en en découvrant la valeur. Qui plus est, on nous apprend à réfléchir et à saisir chaque occasion qui se présente.

La relève en soins infirmiers au Canada est mise à l’épreuve et stimulée par une situation des plus inédites. En tant qu’étudiants, nous nous attendrions à ce que notre formation ait lieu dans un laboratoire de simulation ou dans le cadre d’un scénario, mais nous vivons et apprenons dans une tout autre réalité.

La pandémie de COVID-19 a entraîné des difficultés, des changements et des fardeaux insurmontables pour tout le monde au Canada. Personne dans son sillage n’a été épargné.

Pourtant, nous savons que les soins et le personnel infirmiers sont reconnus pour leur résilience. Nous sommes le produit de nos environnements. Malgré les conditions extrêmes dans lesquelles cette pandémie nous a plongés, nous pouvons encore trouver des occasions de croissance et absorber chaque expérience qui se présente.

Une perspective unique

Le fait d’étudier en sciences infirmières nous donne une perspective unique. Nous constatons la pression qui pèse sur le système de santé et sur nos futurs collègues; nous percevons les efforts inlassables de nos instructeurs et nous ressentons le stress et l’incertitude de savoir que notre formation et nos carrières sont en jeu.

Le nombre de cas et de décès diffusé chaque jour sur les médias sociaux suscite la peur et le désespoir alors que nous reconnaissons que ces difficultés pourraient continuer à peser sur les nouveaux effectifs infirmiers. La COVID-19 a eu des effets sur la formation de tous les étudiants en sciences infirmières : stages manqués, cours en ligne ou même absence d’interaction sociale.

Trouver des assises en temps de pandémie

Richard Camacho, étudiant en sciences infirmières de troisième année à l’Université de Lethbridge et président de l’association des étudiants en sciences infirmières pour 2020-2021, décrit son expérience personnelle ainsi :

  • Lorsque j’ai décidé d’assumer le rôle de président de l’association des étudiants en sciences infirmières de l’Université de Lethbridge au début de la pandémie, j’étais conscient que cette expérience me définirait à la fois comme étudiant et comme leader étudiant. La pandémie en soi m’a posé de nombreux problèmes personnels, comme l’adaptation à un environnement d’apprentissage virtuel, l’identification des moyens de communication qui conviennent le mieux à tous et l’atteinte d’un équilibre entre les études, le travail et la vie privée*.

Jasmine Wong, étudiante de quatrième année et représentante du syndicat des étudiants à l’Université de Lethbridge, partage son point de vue :

  • En tant qu’étudiante en sciences infirmières, j’ai eu du mal à m’adapter aux études en ligne, surtout lorsqu’une grande partie de l’apprentissage se fait dans des milieux cliniques en présentiel. Je craignais de perdre mes compétences pratiques et d’oublier les concepts acquis en classe. L’apprentissage en ligne m’a fait prendre conscience de certains aspects que je pouvais améliorer, tel que l’établissement de priorités et l’organisation de mon temps pour les études et les travaux. J’en suis venue à la conclusion que les sciences infirmières dépassent le cadre clinique et que la passion pour la profession infirmière persiste, que les cours soient virtuels ou non*.

Nous pouvons dire sans nous tromper que personne ne s’attendait à se trouver dans la situation actuelle en s’inscrivant à l’université. Mais nous continuons à nous adapter, à grandir et à nous efforcer de tirer le meilleur de notre apprentissage.

Une question demeure pourtant : « Serons-nous prêts à travailler en première ligne le moment venu? » Après tout, comment pouvons nous avancer en plein glissement de terrain?

En quête d’occasions

Nous continuons à nous adapter, à grandir et à nous efforcer de tirer le meilleur de notre apprentissage.

En tant qu’étudiants, nous acquérons des bases solides en apprenant des expériences de nos instructeurs, précepteurs et pairs, mais aussi de nos propres expériences, et en en découvrant la valeur. Qui plus est, on nous apprend à réfléchir et à saisir chaque occasion qui se présente. Bon nombre d’entre nous ont accepté des emplois, que ce soit en tant qu’aide soignant, employé en soins infirmiers de premier cycle, évaluateur ou même vaccinateur pendant que se poursuit la campagne d’immunisation contre la COVID-19.

Jasmine Wong est l’une de ces étudiantes qui ont décelé des occasions découlant de la COVID-19 :

  • Comme je voulais continuer à puiser dans mon influence, mes connaissances et ma passion en tant que future infirmière, j’ai postulé un emploi d’aide soignante. J’ai fini par obtenir un poste dans un service de soins palliatifs et en médecine générale. … J’étais effrayée au début par le risque accru d’être en contact avec des patients ayant contracté la COVID, mais j’ai pensé que cet emploi était la solution idéale pour me faire la main dans un poste de palier gouvernemental et de maintenir mes compétences et connaissances infirmières.
  • J’ai noué des liens avec le personnel infirmier, des étudiants et des membres du personnel interdisciplinaire, et j’ai pris confiance en ma capacité à assurer des soins aux patients. Je commencerai à assumer les fonctions de vaccinatrice contre la COVID à titre d’infirmière de premier cycle. … C’est grâce à la pandémie que j’ai pu saisir ces occasions pédagogiques et professionnelles. Pendant la pandémie, j’ai pu défendre les intérêts des autres, prendre le temps de ralentir et reconnaître les écarts de privilège*.

Dans le cadre de ma propre expérience à titre d’étudiante de quatrième année, j’ai pu travailler comme infirmière de premier cycle et comme aide soignante, deux fonctions qui m’ont offert une perspective unique sur la façon dont la pandémie affecte différentes populations. En tant qu’aide soignante dans un centre de soins continus, par exemple, j’ai pu constater à quel point la santé mentale et psychosociale des aînés est devenue une source de préoccupation, car la solitude et le désespoir nuisaient gravement aux résultats de santé, et continueront probablement à le faire.

Aujourd’hui, alors que je termine mon dernier stage dans un centre de santé rural, je me rend compte à quel point les composantes du système de santé sont interconnectées et comment un événement aussi néfaste qu’une pandémie peut avoir un effet tellement notable en aval sur les patients et les soins aux patients, sur le personnel et sur les systèmes de soutien.

Prendre l’initiative

Dans la vie quotidienne, les étudiants en sciences infirmières prennent l’initiative de promouvoir la santé dans nos collectivités, que ce soit par l’éducation, la recherche ou le plaidoyer. Nous reconnaissons la responsabilité qui nous incombe en tant que citoyens, mais aussi en tant que membres du corps étudiant.

Dans son travail de représentation des étudiants en sciences infirmières à l’Université de Lethbridge, Richard a fait la constatation suivante :

  • … pour être en mesure de superviser une équipe efficacement, on doit rester en communication, et pour être résilient, il faut trouver des solutions aux obstacles tout en les surmontant. J’ai la chance de faire partie d’une génération d’étudiants désireux de contribuer à la pratique infirmière, et je suis impatient de poursuivre mon apprentissage en tant qu’étudiant*.

Bien que nous ayons encore beaucoup à expérimenter en tant qu’infirmiers novices, nous sommes inspirés par ceux qui travaillent sans relâche pour guérir, protéger et, finalement, soigner.

En tant que relève et main d’œuvre future, nous avons résisté aux épreuves qui se sont présentées à nous, et nous nous sentons prêts à affronter les difficultés. Nous savons que nous avons entrepris un parcours d’apprentissage de longue haleine, même si nous devons traverser une période des plus catastrophiques.

*Toutes les citations proviennent de communications personnelles qui ont eu lieu en février 2021.

Kendra Korver est étudiante en sciences infirmières de quatrième année et secrétaire de l’association des étudiants en sciences infirmières de l’Université de Lethbridge.

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